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La Cour accepte de se prononcer sur la validité du référendum en Catalogne

29/09/2014 12:47 EDT | Actualisé 29/11/2014 05:12 EST

MADRID - La Cour constitutionnelle espagnole a accepté lundi d'entendre la contestation, par Madrid, du référendum prévu le 9 novembre prochain en Catalogne sur l'indépendance de cette région, ce qui suspend de facto le scrutin pendant toutes les procédures, qui pourraient durer des mois, voire des années.

Le premier ministre du pays, Mariano Rajoy, avait soutenu plus tôt lundi que ce référendum constituait «une grave atteinte aux droits de tous les Espagnols» qui, en vertu de la Constitution de 1979, sont les seuls à pouvoir se prononcer sur des questions de souveraineté.

À l'issue d'une réunion de crise de son cabinet, M. Rajoy indiquait que la Constitution «est basée sur l'unité indissoluble de l'État espagnol», et bien que ce document fondamental pourrait être amendé dans l'avenir, la priorité immédiate du gouvernement est de défendre la Constitution.

Quelques heures plus tard, les juges de la Cour constitutionnelle acceptaient à l'unanimité d'entendre la requête de Madrid.

Le gouvernement de Catalogne a adopté la semaine dernière un projet de loi qui permet au premier ministre Artur Mas de tenir un référendum sur l'indépendance de cette communauté autonome du nord-est du pays. Madrid a aussitôt demandé lundi à la Cour constitutionnelle d'invalider cette loi référendaire adoptée par le Parlement de Catalogne, mais aussi la tenue même du référendum.

Mécontents de voir Madrid refuser de lui accorder des pouvoirs additionnels, la région autonome menace depuis des mois de tenir un référendum sur son indépendance. La décision récente du parlement de Barcelone survient au lendemain d'un référendum semblable tenu en Écosse sur sa séparation d'avec le Royaume-Uni, qui s'est soldé par une victoire du Non dans une proportion de 55 pour cent.

En Catalogne, les sondages récents indiquent que la plupart des citoyens sont favorables à la tenue d'un référendum, mais sont divisés à peu près en parts égales sur l'indépendance de leur région. Le premier ministre catalan a souvent insisté pour dire que le vote aurait bel et bien lieu — mais que son gouvernement ne poserait pas de geste illégal.

La Catalogne se préparait d'ailleurs déjà au référendum prévu dans moins de six semaines. Les campagnes pour informer les 5 millions d'électeurs étaient prêtes, et on empilait déjà les boîtes de scrutin dans les entrepôts.

Le premier ministre Rajoy s'était montré ouvert au dialogue, lundi, indiquant que le gouvernement de Barcelone avait encore le temps d'annuler la consultation populaire et de discuter avec Madrid des doléances catalanes.

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