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La coalition américaine frappe le groupe ÉI dans quatre provinces syriennes

29/09/2014 08:13 EDT | Actualisé 29/11/2014 05:12 EST

ANTAKYA, Turquie - Des militants du groupe État islamique (ÉI) progressaient lundi dans une région kurde de Syrie, à la frontière avec la Turquie, une avancée qui a échappé jusqu'ici aux frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis, dont une qui aurait détruit le même jour un silo à grains et fait deux victimes civiles.

Des combattants du groupe ÉI ont pilonné la ville de Kobani aux tirs de mortier et aux obus d'artillerie, s'avançant à moins de cinq kilomètres de cette ville frontalière kurde, selon l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, et selon un porte-parole officiel kurde, Nawaf Khalil.

Les djihadistes ont intensifié leur pilonnage près de la frontière, à la suite de frappes lancées samedi par la coalition. Ces frappes n'auraient eu que peu d'effets sur la détermination des combattants du groupe ÉI, selon des militants et des officiels kurdes. En fait, leur détermination semble avoir décuplé pour prendre le contrôle de cette région, et leur «califat» s'étendrait alors de la frontière turque jusqu'aux portes de Bagdad, en traversant tout le nord et l'est de la Syrie.

Selon un activiste à la frontière avec la Turquie, une bombe est lancée environ toutes les 15 minutes dans la région par les djihadistes.

Par ailleurs, trois obus de mortier sont tombés lundi dans un champ en territoire turc, près de la frontière syrienne, a indiqué l'armée turque, qui a ensuite déplacé ses chars dans la région en surplomb de la frontière.

L'avancée des combattants du groupe ÉI a poussé lundi des milliers d'autres Kurdes à fuir la région de Kobani, qui viennent s'ajouter aux quelque 150 000 réfugiés en Turquie depuis la mi-septembre. Il s'agit de l'un des plus importants exodes de Syriens depuis le début de la guerre dans leur pays il y a trois ans et demi. Les Kurdes craignent une répétition des massacres d'hommes et les enlèvements de femmes perpétrés par les militants du groupe ÉI en Irak au mois d'août dernier.

Washington et ses alliés arabes ont amorcé leurs frappes aériennes contre l'organisation islamiste mardi dernier, ciblant notamment des installations militaires, des camps d'entraînement, des armes lourdes et des raffineries de pétrole.

L'Observatoire syrien des droits de la personne rapporte que huit frappes des forces de la coalition ont touché lundi des positions tenues par le groupe ÉI dans les provinces d'Alep, de Raqqa, d'Hassakeh et de Deir el-Zour, dans le nord et l'est de la Syrie.

Une frappe a incendié lundi un silo à grains dans la ville de Manbij, que contrôlent les djihadistes dans la province d'Alep, selon l'Observatoire et le Centre médiatique d'Alep. Un autre groupe militant, les Comités locaux de coordination, fait lui aussi état de frappes à Manbij. Ces frappes auraient fait deux victimes civiles qui travaillaient au silo, selon le directeur de l'Observatoire, Rami Abdurrahman. Il n'y avait pas de militant du groupe ÉI sur place mais la nourriture qui y était entreposée a été détruite, a indiqué M. Abdurrahman.

Le commandement central américain n'avait pas de confirmation de victimes civiles, et a indiqué que le silo servait de cache de véhicules aux militants du groupe ÉI.

Ces deux morts à Manbij feraient passer à 21 le nombre de civils tués depuis le début des frappes aériennes de la coalition, selon l'Observatoire.

Dans la province de Deir el-Zour, une frappe attribuée à la coalition a touché l'entrée de la raffinerie Conoco, la plus importante de Syrie, selon l'Observatoire. La raffinerie elle-même n'aurait pas été endommagée. Selon les Américains, la frappe a touché deux véhicules militaires ennemis.

Des raids aériens ont aussi ciblé lundi matin la ville de Tel Abyad, le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie, selon un résidant turc de la région. Une base militaire abandonnée et une école vide auraient été frappées. Les combattants du groupe ÉI auraient selon lui quitté cette base il y a trois mois. «Les renseignements (de la coalition) ne sont peut-être pas très à jour», a commenté ce résident.

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