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Climat à la Chambre des communes: la motion du NPD restera lettre morte

29/09/2014 01:19 EDT | Actualisé 29/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - Les conservateurs auront vraisemblablement tué dans l'oeuf la motion néo-démocrate visant à permettre au président des Communes d'intervenir lorsque les réponses ne sont pas en lien avec les questions.

Les troupes de Thomas Mulcair espéraient tirer profit d'un incident s'étant produit la semaine dernière en Chambre pour faire adopter une proposition d'amendement aux règles de fonctionnement.

Mais leur tentative de réforme s'est heurtée à la résistance du Parti conservateur: avant même le début des discussions, lundi, le bureau du leader parlementaire Peter Van Loan se disait en désaccord avec celle-ci.

Les conservateurs y sont allés de manoeuvres stratégiques en Chambre pour éviter d'avoir à voter directement contre la motion présentée lundi matin par le leader parlementaire du NPD, Peter Julian.

«Ils ont peur de voter contre la motion parce qu'ils savent très bien que les Canadiens nous appuient là-dessus, alors ils essaient de noyer le poisson», a réagi le député néo-démocrate de Colombie-Britannique.

Les libéraux, pour leur part, étaient en accord avec la proposition.

«Les Canadiens ont droit à des réponses de ce gouvernement, et on n'en obtient pas», a déploré le député Stéphane Dion, selon qui la situation s'est empirée au cours des dernières années aux Communes.

«J'étais très fier de répondre quand j'étais ministre, et on était nombreux à ne pas lire des notes qui nous étaient données par le bureau du premier ministre», a-t-il lancé.

À l'heure actuelle, le président de la Chambre a le pouvoir de «rappeler un député à l’ordre et, au besoin, l’avertir qu'il risque de se voir ordonner d'interrompre son discours», mais seulement dans le cas des questions.

La motion néo-démocrate a été déposée dans la foulée d'une altercation survenue mardi dernier entre Paul Calandra, le secrétaire parlementaire du premier ministre Stephen Harper, et Thomas Mulcair, le chef de l'opposition.

L'insistance de M. Calandra à répondre à des questions sur la mission canadienne en Irak avec des critiques sur la position du NPD concernant Israël avait provoqué la colère de M. Mulcair.

Il avait demandé au président de la Chambre des communes, le conservateur Andrew Scheer, d’intervenir, mais sans succès.

Thomas Mulcair avait fini par lancer à M. Scheer que cette absence d’intervention remettait en doute sa «neutralité».

Quelques jours plus tard, les larmes aux yeux, Paul Calandra présentait ses excuses au chef du NPD, plaidant s'être laissé emporter par la «passion» et la «colère» — selon les informations de CBC, cette démarche a été orchestrée par un responsable du Cabinet du premier ministre.

Le chef de l'opposition avait accepté les excuses du député conservateur et formulé le souhait que celui-ci vote en faveur de la motion.

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