NOUVELLES

Le Russe Artur Beterbiev inhale Cloud au Centre Bell (PHOTOS)

28/09/2014 10:31 EDT | Actualisé 28/09/2014 10:32 EDT
FOTOimage

MONTRÉAL – Une étoile est née et elle portait des gants de boxe au lieu de patins, samedi soir au Centre Bell. Le Russe Artur Beterbiev a prouvé sa valeur en passant à tabac l’ex-champion du monde IBF des poids mi-lourds, Tavoris Cloud. Le massacre a duré moins de deux rounds.

Beterbiev (6-0, 6 K.-O.) a expédié Cloud (24-3, 19 K.-O.) au plancher à trois reprises dès l’entame, avant d’étendre l’Américain pour une dernière fois à 0:38 du deuxième round.

Le Groupe Yvon Michel (GYM) avait annoncé la signature d’un joyau en la personne du double olympien russe Artur Beterbiev. Il faut croire que GYM, la gérante Anna Reva et l’entraîneur Marc Ramsay avaient tous vu juste en s'engageant dans l'aventure.

« Dans le vestiaire, Marc Ramsay me disait qu’Artur se sentait indestructible, que personne ne pouvait l’arrêter. Il a peut-être raison, a mentionné le promoteur Yvon Michel après la victoire de son poulain. On aura maintenant un support important pour le faire avancer de la part des réseaux américains. »

Avec le triomphe sur un boxeur classé #7 par le prestigieux magazine The Ring, le Tchétchène d’origine a mis la main sur la ceinture NABA des mi-lourds (175 lb). Il entrera du même coup dans le « top 15 » mondial de la WBA.

« C'est très difficile de ne pas être emballé par sa prestation. Il affrontait un des meilleurs bagarreurs de la division et il n’en a fait qu’une bouchée, a dit Yvon Michel. Artur Beterbiev a envoyé un message : ce n’est pas un projet, il est arrivé à destination. C’est un destructeur. Et il va reboxer cette année, on veut le garder actif. »

« Je croyais que Cloud allait être plus agressif et qu'il allait essayer de me frapper davantage. La première fois qu’il est tombé, je croyais qu’il faisait une joke! J’étais prêt à boxer durant 12 rounds. Il a dit de mauvaises choses en conférence de presse, moi j’ai parlé dans le ring », a renchéri Beterbiev.

La performance du champion du monde amateur 2009 a même surpassé les attentes de son entraîneur Marc Ramsay.

« Je croyais qu’on pouvait arrêter Cloud, mais jamais comme ça, a-t-il confié. Il a un menton très solide. On avait mis dans la tête à Artur qu’il fallait travailler pendant 12 rounds. Artur est vraiment un boxeur spécial, mais il y a encore place à amélioration. Nous n’avons pas vu ses limites encore. Je suis extrêmement optimiste. »

Ouellet, comme dans les films

La foule était debout pour le retour de Stéphane Ouellet (29-6, 18 K.-O.), 43 ans, après une absence de près de 10 ans en boxe professionnelle.

Et à sa sortie du ring, les spectateurs l’ont acclamé, et ce, même s’il a échappé son duel contre le Belge de 25 ans, Cédric Spera (11-3, 2 K.-O.), par décision unanime (39-36, 39-36 et 39-36).

« Je sors d’ici et c’est comme si j’avais gagné. En fait, j’ai gagné face à ma peur », a lancé un Ouellet fébrile après son impressionnante prestation.

« Pour la boxe, j’ai fait ce que j’avais à faire. Je suis content d’avoir fait ce combat. J’ai la tête plus haute que jamais et je suis fier de mon courage. La boxe, c’est un spectacle et je ne me suis pas ménagé. J’ai donné mon 100%. Je ne pensais plus jamais revivre ça…je voulais finir ça comme il faut », a-t-il continué.

Après un solide premier round où il a ébranlé son rival, « Le Poète » a été sonné à son tour au deuxième assaut.

Il est revenu en force lors de la troisième reprise, mais il a visité le tapis au quatrième engagement. Coupé à l’œil droit, le Jonquiérois avait des airs de Rocky Balboa et a tout laissé dans l’arène jusqu’au son de la cloche.

« C’était chaleureux et tellement positif : un mélange d’amour et de violence. Je suis content de mon travail aussi, mais à 43 ans, ça a fait mal un peu, a-t-il expliqué, la joue ensanglantée, sous les rires des scribes. J’avais tellement peur, mais la peur, c’est fini. J’ai plein de courage. Je devais faire ça : je suis totalement en paix maintenant. Je vais pouvoir continuer ma vie de belle façon. Mais je vais revenir dans 10 ans à 53 ans! »

Jean conserve son titre

En demi-finale de la soirée, le Montréalais Dierry Jean (27-1, 19 K.-O.) a conservé son titre NABF des poids légers (135 lb) avec un gain sur le Mexicain Daniel Ruiz (32-8-2, 22 K.-O.).

Le rapide pugiliste dirigé par l’entraîneur Mike Moffa a envoyé son opposant deux fois au tapis avec des frappes au corps, dont la dernière fois pour le compte, à 2:42 du cinquième round.

Décarie et Bizier par K.-O. au corps

Chez les mi-moyens (147 lb), le Lavallois Antonin Décarie (31-2, 10 K.-O.) a passé le K.-O. au Mexicain Ivan Pereyra (19-4, 13 K.-O.) avec un crochet de gauche, à 2:08 du cinquième assaut.

Quant à Kevin Bizier (23-1, 16 K.-O.), il n’a pas perdu de temps contre le Hongrois Lazslo Fazekas (22-16-1, 17 K.-O.), lui passant également le K.-O. avec un crochet de gauche au corps précis, à 2:31 de l’entame.

Fazekas, qu’on surnommait « Bulldog », n’avait pourtant été arrêté qu’à une seule reprise en carrière.

« Je pense lui avoir cassé une côte », a confié Bizier à sa sortie du ring.

Les jeunes épatent

Le Montréalais Steven Butler (5-0, 4 K.-O.) de la firme Eye of the Tiger Management (EOTTM) a démoli le Français Bernard Follea (5-3-1, 1 K.-O.), l’arrêtant à 2:44 du second engagement.

Le petit fils de l’ex-pugiliste montréalais Marshall Butler a d’abord expédié son rival au tapis au premier round, avant de terminer le boulot au deuxième assaut.

Chez les super-légers (140 lb), le Montréalais Yves Ulysse Jr. (4-0, 3 K.-O.) a été amené à la limite pour une première fois en carrière par le Polonais Krystian Huczko (2-1, 0 K.-O.).

Un poulain d’InterBox, Ulysse a donné un bon spectacle, en route vers un gain décisif par décision unanime (60-52, 60-54 et 60-54) en six reprises.

En lever de rideau, le Lavallois Erik Bazinyan (6-0, 3 K.-O.) l’a emporté par décision unanime sur le Français Baptiste Castegnaro (5-3, 2 K.-O.).

Au terme de six assauts où le protégé des frères Howard et Otis Grant a complètement dominé l’action, les juges ont livré des cartes de 60-53, 60-54 et 60-54.

Butler (19 ans), Ulysse (26 ans) et Bazinyan (19 ans) sont les espoirs de leur groupe de promotion respectif.

Boxe: Artur Beterbiyev vs. Tavoris Cloud

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter