NOUVELLES

La police de Hong Kong affronte les manifestants avec des gaz lacrymogènes

28/09/2014 04:17 EDT | Actualisé 28/11/2014 05:12 EST

HONG KONG - La police de Hong Kong a affronté les manifestants pro-démocratie avec des gaz lacrymogènes et des camions, dimanche, dans ses efforts soutenus pour forcer les protestataires à quitter les rues entourant le siège du gouvernement, tandis que le principal dirigeant de la région les a appelés à rentrer chez eux.

Le chef de l'exécutif de Honk Kong, Leung Chun-ying, a tenté de rassurer le public en affirmant que les rumeurs selon lesquelles l'armée chinoise pourrait intervenir étaient fausses.

Alors que les manifestations se multipliaient dans différents secteurs de Hong Kong pour dénoncer la décision du gouvernement de Pékin de limiter les réformes démocratiques dans cette région administrative semi-autonome, M. Leung, qui est très impopulaire, a appelé tout le monde à rentrer à la maison et à éviter les troubles.

Après avoir passé des heures à maintenir les manifestants à distance, la police a lancé des grenades lacrymogènes dans la foule dimanche soir. Les nuages de fumée ont poussé les manifestants à fuir, mais plusieurs sont revenus par la suite pour poursuivre leur mobilisation.

Le gouvernement a déclaré que 26 personnes avaient été transportées à l'hôpital, certaines sur des civières. Des dizaines de personnes, notamment des députés favorables aux réformes, ont été arrêtées.

Après minuit, alors que la manifestation continuait, les policiers ont commencé à repousser la foule avec des camions. Pendant ce temps, certains manifestants ont commencé à occuper d'autres secteurs du centre-ville. Certains ont pris peur et sont partis, craignant que la police n'intervienne plus agressivement.

«La police a été vraiment cruelle d'agir avec tant de violence face à des manifestants complètement pacifiques», a déclaré Cecily Lui, une manifestante âgée de 30 ans.

Quand la Chine a repris le contrôle de Hong Kong après la rétrocession de 1997, elle a accepté la politique d'«un pays, deux systèmes», qui permet à la région d'avoir une grande autonomie dans la gestion de ses affaires, et qui maintient des libertés civiles sans commune mesure avec la Chine continentale. Pékin avait aussi promis que le dirigeant de Hong Kong serait éventuellement élu au suffrage universel.

Mais les récentes mesures prises par la Chine pour renforcer son contrôle sur le territoire ont provoqué les manifestations les plus soutenues depuis 1997.

Les manifestations, qui présentent de rares scènes de désordre dans ce haut lieu de la finance asiatique, soulignent l'incapacité des autorités à apaiser le mécontentement populaire relativement au rejet par Pékin, le mois dernier, des investitures ouvertes pour le premier scrutin devant mener à l'élection d'un dirigeant pour Hong Kong, promis en 2017.

L'insistance de Pékin, qui veut que les candidats soient d'abord approuvés par un comité selon leur degré de patriotisme envers la Chine — un processus semblable à celui en vigueur actuellement —, fait craindre aux militants qu'Hong Kong ne soit jamais une véritable démocratie.

Des étudiants et des militants pro-démocratie campent depuis vendredi soir dans les rues entourant le siège du gouvernement, près du district financier. Les étudiants entendent boycotter leurs cours jusqu'à ce que les autorités répondent à leurs demandes, qui comprennent notamment une réforme de la législature du territoire et le retrait des propositions liées à la pré-approbation des candidats aux élections.

PLUS:pc