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Frappes en Syrie: un autre groupe islamiste menace l'Occident de représailles

28/09/2014 02:44 EDT | Actualisé 28/11/2014 05:12 EST

SANLIURFA, Turquie - Le chef d'un groupe armé syrien affilié à Al-Qaïda a promis, dimanche, que son organisation utiliserait «tous les moyens possibles» pour répliquer aux frappes aériennes menées par la coalition internationale dirigée par les États-Unis, et prévenu que le conflit toucherait tous les pays occidentaux qui se joignent à l'alliance.

Le Front al-Nosra est qualifié de groupe terroriste par les États-Unis, mais les rebelles syriens le considèrent depuis longtemps comme un puissant allié à la fois contre le groupe armé État islamique — la principale cible de la coalition — et les forces du président syrien Bachar el-Assad.

Les rebelles, les opposants et les observateurs syriens préviennent que le fait de cibler le Front al-Nosra pourrait causer encore plus de chaos dans le conflit en Syrie et aider indirectement le régime El-Assad en frappant l'un de ses principaux adversaires. Les États-Unis continuent de souhaiter publiquement la chute du régime, sans toutefois viser ses forces.

Des raids aériens menés dimanche par la coalition ont visé une raffinerie de pétrole en Syrie contrôlée par le groupe État islamique, a rapporté un témoin. Le groupe, qui a proclamé un califat islamique sur les vastes territoires qu'il a conquis en Irak et en Syrie, a forcé des dizaines de milliers de civils à fuir pour échapper aux exactions.

Dans un enregistrement audio de 25 minutes rendu public dimanche, le chef du Front al-Nosra, Abou Mohammed al-Golani, présente la coalition comme une «alliance de croisés» opposée aux musulmans sunnites et jure de la combattre.

Il lance un avertissement aux pays occidentaux qui participent à l'alliance, faisant écho aux propos de l'ancien chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden.

«Cela fera en sorte que la bataille se transportera au coeur de vos propres maisons, parce que les musulmans ne resteront pas les bras croisés en regardant d'autres musulmans se faire bombarder et tuer dans leur pays, alors que vous êtes en sécurité dans le vôtre. Le prix de la guerre ne sera pas seulement payé par vos dirigeants. Vous paierez le plus gros prix», affirme-t-il.

L'enregistrement semble authentique et concorde avec les autres informations obtenues par l'Associated Press.

Les États-Unis et cinq pays arabes alliés ont lancé mardi une campagne de frappes aériennes contre le groupe État islamique en Syrie.

Au départ, certaines frappes ont visé le Front al-Nosra, détruisant plusieurs installations et tuant des dizaines de combattants. Washington avait alors indiqué qu'il tentait de détruire une cellule d'Al-Qaïda connue sous le nom de Khorasan, qui complotait activement pour attaquer des intérêts américains et occidentaux.

Des rebelles syriens ont exprimé leur frustration face à ces frappes, parce qu'elles visent le Front al-Nosra — qu'ils considèrent comme un allié — sans toutefois toucher les forces gouvernementales, qui sont les plus susceptibles de bénéficier de la chute du groupe État islamique. L'objectif ultime du Front al-Nosra est d'imposer la loi islamique en Syrie, mais contrairement au groupe État islamique, il combat aux côtés des autres groupes rebelles et font du renversement du régime leur priorité.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les frappes contre une raffinerie de Tel Abyad, dans le nord de la Syrie, ont illuminé le ciel «pendant deux heures», a déclaré Mehmet Ozer, un homme d'affaires de la région.

Le Commandement central américain, qui supervise l'opération contre le groupe État islamique, n'a pas commenté les frappes de dimanche. La coalition internationale vise les installations pétrolières contrôlées par les extrémistes, qui leur rapporteraient quelque 3 millions $ US par jour, dans l'objectif de nuire à leur situation financière.

Les raids de la coalition contre les installations pétrolières risquent d'être une tâche longue et complexe, puisque la plupart des raffineries contrôlées par le groupe sont petites et disséminées sur un grand territoire.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres, rapporte qu'au moins 13 civils ont perdu la vie jusqu'à maintenant dans les frappes de la coalition en Syrie.

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