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Stéphane Ouellet a tout donné, mais ça n'a pas été suffisant face à Cédric Spera

27/09/2014 09:50 EDT | Actualisé 27/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Il y avait Beterbiev-Cloud, mais le peu de spectateurs qui s'étaient déplacés au Centre Bell samedi soir y étaient aussi pour assister au retour de Stéphane Ouellet dans le ring.

Le poids moyen que l'on surnomme «Le Poète» n'avait pas boxé depuis sa cuisante défaite face à Joachim Alcine, le 17 décembre 2004. Cette fois, Ouellet (29-6, 18 K.-O.) avait rendez-vous avec le Belge Cédric Spera (11-2, 2 K.-O.) dans un combat modeste de quatre rounds.

Ouellet a démontré beaucoup de courage, mais ça n'a pas été suffisant pour l'emporter face à Spera, de 18 ans son cadet, qui a inscrit une victoire par décision unanime. Les trois juges ont remis des cartes de 39-36 en sa faveur.

Loin d'être ébranlé par ce revers, Ouellet estime que ce combat lui a permis de mettre fin à 10 ans de doute.

«Ça m'a permis de surmonter mes peurs, a déclaré Ouellet après avoir vu le médecin pour sa joue droite, en bien mauvais état. Maintenant, je vais me servir de ce combat pour faire plein de choses positives pour le reste de ma vie.

«Je suis content sans bon sens! Vous n'avez pas idée à quel point je suis content! J'ai fait la paix avec moi-même, avec Yvon Michel, avec la boxe. C'est pas mêlant: je suis heureux comme si j'avais gagné.»

Le boxeur de 43 ans de Jonquière s'est amené sur le ring au son de «Tower of Song» de Leonard Cohen, mais surtout des bruyants encouragements de la foule, qui a réduit au silence l'annonceur-maison, Christian Gauthier.

«Je m'attendais un petit peu à ça, mais ça m'a tout de même un peu surpris. C'est un drôle de "feeling", car tu dois arriver avec en tête des idées violentes, d'agression. Là tu dois prendre le temps d'accepter cet amour. Avant de revenir en mode agression. C'est difficile. J'ai été ému.»

Ouellet a amorcé ce combat sur les chapeaux de roues, ébranlant notamment Spera d'un solide crochet de gauche au visage, ce qui a forcé le Belge à se réfugier dans les câbles. Ouellet a aussi démontré qu'il pouvait encaisser, comme lorsque Spera l'a touché d'un bon crochet de droite au visage.

Au deuxième, Ouellet a eu le dessus dans la première moitié du round, mais c'est Spera qui a eu le dessus dans la deuxième, atteignant plusieurs fois le Québécois au visage. Ce dernier s'en est sorti en accrochant.

Plus efficace au troisième, Ouellet a toutefois été solidement touché à la joue gauche et saignait abondamment.

Ouellet a affiché une plus belle forme au quatrième, plaçant quelques bons coups, mais le Belge est revenu avec une solide droite au visage qui lui a fait visiter le tapis. Survivant au compte de huit, Ouellet est revenu terminer le combat sous les encouragements de la foule, mais le mal était fait.

Quand la cloche finale a retenti, la foule lui a réservé une autre chaleureuse ovation, la dernière de sa carrière de boxeur.

«Ah oui, c'est fini! À moins que je revienne dans 10 ans à 53 ans!» a-t-il blagué.

Butler impressionnant

Auparavant, le mi-moyen Steven Butler (5-0, 4 K.-O.) a fait étalage de son immense talent face au Français Bernard Follea (5-3-1, 1 K.-O.). Après l'avoir envoyé au tapis au premier round, Butler a poursuivi son travail de démolition au deuxième assaut.

Piégé dans le coin, le Français a été sauvé d'une fin de soirée encore plus pénible quand l'arbitre Alain Villeneuve a mis fin au massacre à 2:44. Il aurait pu le faire à 2:41 que personne ne lui en aurait voulu: le Français ne tenait sur ses jambes que par un positionnement judicieux qui a empêché la gravité de faire son oeuvre. Le pugiliste de 19 ans vaut le déplacement.

Le super léger Yves Ulysse fils (4-0, 3 K.-O.) n'a pas été en mesure d'inscrire une quatrième mise hors de combat consécutive, mais il a tout de même complètement dominé le Polonais Krystian Huczko (2-1), qui n'a pas voulu échanger plus qu'il ne le faut avec le Montréalais. Ce dernier a inscrit une décision unanime de 60-52, 60-54, 60-54.

Antonin Décarie (31-2, 10 K.-O.) a inscrit une quatrième victoire consécutive et un deuxième K.-O. en trois combats quand il a stoppé le Mexicain Ivan Pereyra (19-4, 13 K.-O.) d'un crochet de gauche au foie à 2:08 du cinquième. Pereyra n'a jamais eu l'intention de se relever, la douleur étant visiblement trop vive.

Dans un combat inégal, Kevin Bizier (23-1, 16 K.-O.), septième aspirant IBF des super mi-moyens, n'a fait qu'une bouchée du Hongrois Laszlo Fazekas (22-16-1, 17 K.-O.), qu'il a forcé à l'abandon à l'aide, lui aussi, d'un puissant crochet de gauche au foie. Fazekas a grimacé de douleur dans son coin pendant de longues minutes.

En ouverture de gala, le Marseillais Baptiste Castegnaro (5-3, 2 K.-O.) s'est vaillamment battu, mais le Lavallois Éric Bazinyan (6-0, 3 K.-O.) a dominé les six rounds de leur affrontement chez les super moyens pour inscrire sa sixième victoire consécutive, par décision unanime. Bazinyan a remporté les six rounds sur la carte des trois juges: 60-53 et 60-54 deux fois.

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