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La vie dans les tranchées de la Grande Guerre n'était pas de tout repos

27/09/2014 11:22 EDT | Actualisé 27/11/2014 05:12 EST

La vie dans les tranchées n'a pas été de tout repos pour les soldats de la Première Guerre mondiale.

Ils ont à affronter les bombardements ennemis, les rates, les intempéries et le manque de rations.

Les nombreux journaux de tranchées, rédigés par les soldats, qu'on peut retrouver aux archives nationales ou dans les musées, donnent une image vive de la vie quotidienne dans les dédales et les différents réseaux de tranchées, une existence marquée de longues périodes de monotonie suivies d'intenses épisodes de combats vécues dans la peur. Vivre constamment au bord du gouffre, dans de piètres conditions sanitaires a grandement nui au moral des soldats de toutes les nations impliquées dans la Grande Guerre.

Souvent, les soldats se sont retrouvés entourés de mares de boue et d'eaux stagnantes, combattant la vermine autant que l'ennemi en face. Trop souvent, les cadavres de leurs camarades morts aux combats s'offraient à leur vue.

«On peut s'habituer à plusieurs choses mais je n'ai jamais pu vaincre mon horreur des rats, a écrit le soldat Harold Saunders, du 2e Bataillon, en juin 1916. Ils sont si nombreux dans certains endroits. De grosses bêtes répugnantes repues de chairs humaines. Un bataillon de Boches (un terme argotique désignant l'Allemand) me fait parfois moins peur que ces rats. Chaque nuit, à la même heure, la tranchée est envahie par des bandes de rates. Nous avons utilisé de la créosote. Cela nous a presque étouffés mais cela n'a pas chassé les rats. Ils reviennent, s'arrêtent, éternuent et recommencent à gruger nos biens.»

A la fin de la guerre, le réseau des tranchées s'étendait sur 750 km, de la Suisse à la côte belge.

Les soldats canadiens ont surtout combattu sur le front occidental, participant à de batailles mémorables sur la crête de Vimy et à Ypres.

En raison du froid tenace et de l'humidité, les soldats ont souffert du «pied de tranchées». Ce type d'engelure pouvait mener à la gangrène et à des amputations. «Mon premier séjour aux premières lignes a duré trois semaines, a écrit le soldat Saunders. Mes bas étaient si sales que je devais enlever la boue et la poussière avec un couteau. Le manque de repos est devenu une torture. Le paradis est un sommeil interrompu.»

Les rares permissions et les rotations régulières permettaient aux soldats de souffler un peu mais l'inévitable retour aux premières lignes arrivait toujours trop tôt.

«Les maigres rations et un court sommeil marquent nos journées. Rien aux alentours, sauf une mer de boue, écrit le soldat Herbert Heckford Burrell, du 100e Winnipeg Grenadiers. Le tiers d'une boîte d'haricots est notre ration pour le souper. Nous sommes vraiment dans l'armée.»

Les journaux de guerre et la ration quotidienne de rhum venaient parfois éclairer la vie de ces pauvres hères.

Plus d'une trentaine de périodiques, écrits par des soldats, offrant parfois des articles assez francs sur la guerre, ont paru au cours de la Grande Guerre. Parmi eux, le Listening Post, le Busy Beaver ou le The Dead Horse Corner Gazette. Comme l'indiquent les Archives nationales du Canada, ces journaux «se moquaient des difficultés de la guerre et les tournaient en ridicule dans des articles, des poèmes, des blagues et des dessins humoristique».

Les termes argotiques pullulaient dans des articles souvent ironiques. La grenade était un pilon à patates; les obus allemands étaient les marmites ou étaient parfois décrits comme de «longs insectes foncés volant à une vitesse folle, prêt à donner une sale piqûre». Le casque réglementaire devenait un «tin hat». On le définissait de cette façon: «On peut s'en servir pour laver des objets, pour préparer le ragoût, sortir de la tranchée, ramener vers soi un objet quelconque, et parfois, pour se protéger la tête au cours d'un bombardement».

L'humour était un mécanisme de défense contre les horreurs environnantes

«Tout ne va pas très bien et les Frisés (les Allemands) rénovent les environs à coup d'artillerie, a écrit le soldat Andrew Coulter dans son journal de guerre, le 20 juin 1917. J'espère qu'ils ne rénoveront pas notre hutte.»

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