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La coalition militaire en Syrie frappe Kobani pour la première fois

27/09/2014 09:51 EDT | Actualisé 27/11/2014 05:12 EST

BEYROUTH - La coalition militaire menée par les États-Unis poursuit ses opérations en Syrie contre l'organisation djihadiste État islamique (ÉI), et a visé la ville de Kobani pour la première fois, selon différents groupes.

Dans les derniers jours, cette ville kurde s'est vidée de quelque 100 000 personnes, qui se sont réfugiées en Turquie. C'est l'une des plus grandes vagues de migrants qu'a reçues le pays depuis le début du conflit civil en Syrie, il y a plus de trois ans.

Des frappes aériennes ont également eu lieu dans la province centrale de Homs et la région nordique de Raqqa, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Les Comités locaux de coordination, un groupe militant, ont rapporté que les attaques ont frappé Raqqa et la province de Deir el-Zour, dans l'est du pays, où des silos de blé auraient été visés.

Nawaf Khalil, un porte-parole du Parti de l'union démocratique kurde, a pour sa part affirmé que certaines des attaques ont visé pour la première fois des cibles près de Kobani, dans le nord de la Syrie. Cette ville est la cible d'attaques des djihadistes depuis plusieurs jours. Les frappes auraient détruit deux véhicules blondés, selon M. Khalil.

La ville a par la suite été attaquée par les combattants du groupe État islamique. Plusieurs civils auraient été tués.

Selon l'Observatoire, l'opération de la coalition sur Kobani est survenue au beau milieu de violents affrontements entre les membres de l'ÉI et du Parti de l'union démocratique kurde. Il y aurait eu des morts parmi les djihadistes.

Aucun des groupes ne pouvait chiffrer les pertes à la suite des attaques de samedi. L'Observatoire a affirmé vendredi que 13 civils sont morts depuis le début de l'opération aérienne menée par les États-Unis.

Au même moment, en entrevue à New York où il assiste l'Assemblée générale de l'ONU, le ministre des Affaires étrangères de la Syrie, Walid al-Moallem, a affirmé que les frappes aériennes seules ne parviendront pas à dissuader le groupe. Les États-Unis doivent travailler de concert avec Damas s'ils veulent gagner cette guerre.

«Ils doivent connaître l'importance de la coordination avec les gens de ce pays, parce que eux savent ce qui s'y passe, a déclaré M. al-Moallem. Les États-Unis ont procédé sans coordination avec le gouvernement du président Bachar el-Assad, qui combat également le groupe État islamique, en plus des rebelles soutenues par l'Occident.»

Un combattant kurde, Ismet Sheikh Hasan, a affirmé que l'armée turque a répliqué samedi à des obus égarés ayant atterri en territoire turc. Les forces kurdes se sont alors retrouvées au milieu des tirs.

Vendredi, a raconté M. Hasan, les militants islamiques ont attaqué la région de Kobani depuis l'est avec des véhicules blindés et de l'artillerie. Selon lui, 20 personnes ont été tuées et 50 blessées.

La coalition, qui a commencé ses opérations aériennes contre le groupe État islamique en Syrie tôt mardi, souhaite neutraliser le groupe, qui sème la terreur et a pris le contrôle de parties de territoire le long de la frontière entre la Syrie et l'Irak.

Par ailleurs, le Royaume-Uni, qui a annoncé vendredi qu'il se joignait à la coalition, a fait décoller samedi ses premiers avions de Chypre. Le ministère de la Défense a affirmé que les avions, des Tornados GR4, étaient «prêts à être utilisés à des fins d'attaque, au moment et à l'endroit où des cibles appropriées seront identifiées».

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