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Montréal et Québec font front commun avec les petites municipalités

26/09/2014 11:13 EDT | Actualisé 26/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Les villes de Montréal et de Québec joignent leur voix à plus de 1000 municipalités du Québec afin d'accroître leur rapport de force avec le gouvernement.

Les maires Denis Coderre de Montréal et Régis Labeaume de Québec ont annoncé vendredi leur adhésion à la Fédération québécoise des municipalités (FQM) à titre de membres associés, une première depuis 1944.

À la différence de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) dont font partie Montréal, Québec et les villes de tailles moyennes, la FQM regroupe les petites localités et les municipalités régionales de comté (MRC). En s'associant parallèlement à la FQM, la métropole et la capitale souhaitent assurer au monde municipal une voix plus forte face aux pouvoirs publics.

«Au Québec, le monde municipal ne sera plus jamais le même. Aujourd'hui, avec l'entrée de Montréal et de Québec comme membres associés de la FQM, on passe à une étape supérieure», a déclaré le maire de Montréal, en point de presse, à l'occasion du congrès de la FQM à Québec, aux côtés de son vis-à-vis de la Vieille Capitale et du président de la fédération, Richard Lehoux, maire de Saint-Elzéar, en Beauce.

«On pense qu'il y a des moments, et cela n'a rien à voir avec les structures, où le monde municipal doit parler d'une seule voix. Fort de ce contrepoids, on se rend compte que non seulement les citoyens seront mieux servis, mais qu'on sera aussi en mesure de développer davantage des politiques et des programmes pour l'ensemble des Québécois. Des régions fortes sont nécessaires, tout comme une métropole forte est nécessaire et une capitale forte est nécessaire», a affirmé M. Coderre.

Les grandes villes sont confrontées à des défis fort différents de ceux des municipalités rurales mais des enjeux se recoupent, notamment ceux liés au déploiement de la Stratégie maritime du gouvernement Couillard dans la vallée du Saint-Laurent. Il y a aussi les questions de développement durable et de développement économique qui touchent à la fois le monde rural et les grandes villes.

Mais il y a davantage. En joignant les rangs de la FQM, les maires Coderre et Labeaume renforcent leur position en faveur du projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraites municipaux.

«Quand la FQM est d'accord avec nous, ça veut dire que tout le monde municipal du Québec est à l'unanimité, c'est fort», a argué le maire Labeaume.

En contrepartie, les petites municipalités pourront compter sur le poids politique des grandes villes dans leur volonté d'obtenir plus de pouvoirs de la part du gouvernement.

«Quand la FQM dit: on veut plus de pouvoirs, nous on ne «snobe» pas, on dit: ils ont raison, on les appuie là-dedans. C'est une question de poids politique. Au niveau organisationnel, je pense que c'est bien comme c'est là, mais au niveau du poids politique, désormais on se parle, cela ne s'est pas toujours fait», a poursuivi M. Labeaume.

Parmi les autres enjeux que partagent les villes de Montréal, Québec et la FQM figurent celui du financement, souvent au centre des revendications. Les villes et la FQM espèrent conclure rapidement une nouvelle entente avec le gouvernement du Québec pour obtenir plus d'autonomie afin de diversifier leurs sources de revenus. À l'heure actuelle, les revenus des municipalités dépendent à près de 70 pour cent de la taxe foncière.

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