NOUVELLES

Huit soldats mexicains sont soupçonnés de meurtres

26/09/2014 08:43 EDT | Actualisé 26/11/2014 05:12 EST

MEXICO - Un officier de l'armée mexicaine et sept soldats ont été arrêtés en lien avec la mort de 22 personnes dans un secteur rural du sud du pays.

L'armée avait tout d'abord décrit l'incident comme une fusillade, mais un témoin a ensuite fait état d'un massacre.

Le ministère mexicain de la Défense a indiqué par voie de communiqué, tard jeudi, que les huit militaires ont été impliqués dans l'incident du 30 juin à San Pedro Limon, sans fournir plus de détails.

Ils ont été incarcérés à Mexico et sont notamment soupçonnés de crimes contre la discipline militaire, de désobéissance et de manquement au devoir.

Les autorités civiles ont ouvert leur propre enquête dans cette affaire. Le bureau du procureur général du Mexique n'a pas voulu commenter.

Une troisième enquête est menée par la Commission nationale des droits de la personne du Mexique. Un représentant de cet organisme n'a pas non plus voulu commenter, puisque le communiqué du ministère de la Défense ne détaille pas la participation présumée des militaires à cet incident.

Peu de temps après la confrontation, l'armée avait annoncé que 22 malfaiteurs présumés avaient été tués lors d'une fusillade avec des soldats. Seulement un militaire avait été blessé. La version officielle a été remise en question quand l'Associated Press s'est rendue sur place quelques jours plus tard, sans noter de signes d'une longue fusillade.

Des indices permettaient plutôt de conclure que certaines victimes avaient été abattues d'une balle dans la poitrine alors qu'elles se tenaient devant un mur.

La semaine dernière, une femme qui dit avoir tout vu a raconté à l'Associated Press qu'une seule personne a été tuée pendant la fusillade, et que toutes les autres — dont sa fille de 15 ans, qui avait été atteinte d'une balle à la jambe — ont été exécutées après s'être rendues.

Le gouvernement mexicain a longtemps refusé de rouvrir l'enquête, avant de soudainement se raviser au cours des derniers jours. Le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch affirme qu'il pourrait s'agir d'un des pires massacres de l'histoire du Mexique.

PLUS:pc