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L'ambassadeur américain confirme que les États-Unis ont demandé l'aide du Canada en Irak

26/09/2014 01:45 EDT | Actualisé 26/11/2014 05:12 EST
ASSOCIATED PRESS
In this Tuesday, Sept. 23, 2014 photo released by the U.S. Air Force, a formation of U.S. Navy F-18E Super Hornets leaves after receiving fuel from a KC-135 Stratotanker over northern Iraq as part of U.S. led coalition airstrikes on the Islamic State group and other targets in Syria. U.S.-led airstrikes targeted Syrian oil installations held by the militant Islamic State group overnight and early Thursday, Sept. 25, 2014, killing nearly 20 people as the militants released dozens of detainees in their de facto capital, fearing further raids, activists said. (AP Photo/U.S. Air Force, Staff Sgt. Shawn Nickel)

OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper et l'ambassadeur des États-Unis ont uni leur voix, vendredi, pour préciser si le Canada allait jouer un rôle accru dans la lutte contre les djihadistes au Moyen-Orient.

Le gouvernement conservateur a été la cible de sévères critiques pour son manque de transparence quant au rôle que joueront les Forces canadiennes face à la menace du groupe État islamique (ÉI) qui prend forme en Irak, en Syrie et ailleurs.

M. Harper a clairement affirmé que le Canada pourrait accroître sa contribution au-delà des 69 soldats des forces spéciales qui participent déjà à l'opération internationale.

Entouré de leaders européens de passage à Ottawa pour entériner leurs nouvelles relations commerciales avec le Canada, M. Harper a déclaré qu'une menace réelle existait et qu'il était inacceptable de laisser un «califat terroriste» contrôler un vaste territoire et mener des attaques contre des cibles au pays et ailleurs dans le monde.

Lors d'une entrevue publique avec le «Wall Street Journal», cette semaine à New York, M. Harper a révélé que les États-Unis avaient demandé au Canada de hausser sa participation dans la lutte contre l'ÉI. Ce commentaire a attisé les critiques au Canada selon lesquelles M. Harper n'a pas fait preuve de transparence à l'endroit des Canadiens à ce sujet, compte tenu du fait qu'il avait été pressé de questions à la Chambre des communes.

La confusion a été amplifiée par une nouvelle, publiée jeudi, selon laquelle c'est Ottawa qui a proposé à Washington d'en faire plus contre l'ÉI, et non le contraire.

«Je trouve cela plutôt bizarre, a répondu M. Harper au sujet de la nouvelle. Est-on vraiment en train de suggérer que le Canada entraîne les États-Unis dans un conflit militaire? Soyons sérieux», a-t-il lancé devant des journalistes.

Washington a bel et bien demandé au Canada d'élargir son implication au Moyen-Orient, a confirmé l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa, vendredi.

Bruce Heyman estime toutefois qu'il n'est pas important de savoir quel pays a pris l'initiative. Les deux pays ont discuté à plusieurs reprises de solutions conjointes pour régler la crise dans le nord de l'Irak, a déclaré M. Heyman à La Presse Canadienne.

M. Harper a fait savoir que le Canada se penchait présentement sur les demandes des autorités américaines.

«Je ne veux pas donner l'impression une seule seconde que nous faisons ça à contrecoeur, a-t-il mentionné.

«Nous allons toujours prendre nos propres décisions, mais nous allons prendre ces décisions en tenant compte de notre capacité et de nos objectifs. Au bout du compte, nous avons l'intention d'appuyer nos alliés.»

Il a poursuivi sur la même lancée, probablement dans le but d'afficher clairement la position de son gouvernement conservateur dans la lutte contre l'ÉI.

«Ce phénomène représente une menace directe à la sécurité de ce pays», a tranché M. Harper, tout en qualifiant les membres de l'ÉI de gens «extrêmement dangereux (...) qui vont presque certainement mener des attaques terroristes contre une série de cibles à travers le monde, incluant celle-ci».

«Il faut la contrer.»

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a assuré que si le Canada envisageait un rôle de combat en Irak, comme des raids aériens, un vote serait tenu au Parlement.

Peu de temps avant la conférence de presse de M. Harper, vendredi, son secrétaire parlementaire, Paul Calandra, a présenté des excuses empreintes d'émotion à la Chambre des communes pour ne pas avoir répondu aux questions sur les intentions militaires du gouvernement.

Lorsque le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, lui avait posé des questions à ce propos, plus tôt cette semaine, M. Calandra a servi des réponses hors sujet portant sur Israël.

«J'ai laissé la passion et la colère au sujet de quelque chose que j'avais lu prendre le dessus au lieu de répondre de façon appropriée à une question du leader de l'opposition. Pour cela, je m'excuse, à vous et à l'ensemble de cette Chambre et à mes électeurs.»

M. Mulcair a accepté les excuses de M. Calandra, et a encouragé le gouvernement conservateur à rendre publiques les discussions tenues avec Washington.

«Lorsqu'il était leader de l'opposition, M. Harper promettait de la consultation, de l'information complète et un vote sur toute mission militaire... Nous nous attendons à ce que le gouvernement donne de l'information complète et tienne un vote en bonne et due forme.»

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