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Syrie: les USA frappent des installations pétrolières du groupe État islamique

25/09/2014 04:22 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST

BEYROUTH - Des frappes aériennes dirigées par les États-Unis ont touché, pendant la nuit et tôt jeudi, des installations pétrolières contrôlées par les militants du groupe État islamique en Syrie, faisant au moins 20 morts.

De leur côté, les djihadistes on libéré des dizaines de détenus dans leur capitale autoproclamée, par crainte de nouvelles attaques, selon ce qu'ont révélé des militants.

Les plus récentes frappes surviennent au troisième jour d'une campagne qui vise à affaiblir l'organisation État islamique en Syrie, et elles ont semblé viser une des principales sources de revenus des militants. Les États-Unis mènent des frappes aériennes contre le groupe dans l'Irak voisine depuis un mois.

L'organisation État islamique contrôlerait 11 champs pétrolifères en Syrie et en Irak, et elle engrangerait plus de 3 millions $ US par jour grâce au trafic de pétrole, au vol et à l'extorsion. Ces fonds ont alimenté sa progression fulgurante à travers l'Irak et la Syrie, où le groupe s'est emparé de vastes territoires pour créer un califat autoproclamé sur lequel il impose son interprétation impitoyable de la loi islamique.

Au moins quatre raffineries et trois champs pétrolifères ont été frappés près de la ville de Mayadeen, dans la province orientale de Deir el-Zour, d'après ce qu'ont révélé l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, et deux organisations locales.

Un troisième groupe fidèle aux djihadistes a confirmé ces informations. On ne connaît pas précisément l'importance des raffineries et des champs pétrolifères.

L'Observatoire rapporte la mort d'au moins 14 militants. Cinq autres personnes qui habitent à proximité d'une raffinerie de la province d'Hassakeh, dans le nord-est du pays, ont aussi été tuées. L'Observatoire croit qu'il s'agissait probablement des femmes et des enfants des militants.

Deux autres organisations font état de bilans plus élevés, ce qui se produit fréquemment dans la foulée de tels événements.

Des frappes ont aussi visé des points de contrôle, des enceintes, des terrains d'entraînement et des véhicules du groupe État islamique le long du fleuve Euphrate, dans le nord et l'est de la Syrie. On rapporte également des frappes près des frontières avec l'Irak et la Turquie.

Les raids visaient des bases militaires syriennes capturées par les djihadistes, dont les bases Tabqa et Brigade 93. Un édifice qui servait de tribunal islamique et un centre culturel de la ville de Mayadeen ont également été bombardés, et on rapporte des frappes contre le Front Nousra (un allié d'Al-Qaïda, ennemi du groupe État islamique) et dans une zone kurde du nord attaquée par les militants depuis une semaine.

Par ailleurs, les frappes aériennes entreprises il y a quelques jours en Irak par la France pourraient être étendues sous peu à la Syrie voisine.

En entrevue sur les ondes de RTL, le ministre français de la Défense nationale, Jean-Yves Le Drian, a reconnu que chaque jour, il importe de se demander si le déploiement français actuel en Irak est suffisant pour contrer les militants de l'État islamique qui contrôlent déjà des régions pétrolières de la Syrie.

Le ministre Le Drian signale que l'évolution de la situation au cours des prochains jours déterminera pluis précisément les actions futures de la France.

Plus tôt cette semaine, le ministre des Affaires étrangères de la France, Laurent Fabius, a souligné qu'aucun obstacle légal ne se dressait devant la possibilité de frappes aériennes en Syrie.

Des dirigeants de l'armée française se réuniront vendredi afin d'élaborer des hypothèses d'intervention contre les djihadistes de l'État islamique.

Pour sa part, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a confirmé mercredi, à New York, que le gouvernement des États-Unis lui avait demandé d'augmenter sa participation dans la lutte à l'État islamique en Irak et en Syrie.

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