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Le premier ministre Stephen Harper prononce un discours optimiste devant l'ONU

25/09/2014 05:48 EDT | Actualisé 25/11/2014 05:12 EST

NATIONS UNIES, États-Unis - Alors que le monde vit une année marquée par la violence et le désordre géopolitique, le premier ministre Stephen Harper a plutôt choisi d'axer son discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies, jeudi soir, sur les thèmes de la paix et de l'optimisme.

Lors de sa troisième allocution devant cette chambre, M. Harper a, à toutes fins utiles, évité de prononcer les mots «Irak» ou «Russie». Il a toutefois parlé de l'importance pour chaque enfant de posséder un certificat de naissance et de conserver sa santé.

M. Harper a commencé sa déclaration en identifiant, selon lui, les premières causes d'instabilité internationale — le manque de liberté, de démocratie, de la règle de droit et de possibilités économiques.

Au passage, le premier ministre a mentionné son implication dans quelques conflits, mais il a surtout élaboré sur l'importance du commerce international et de la santé humaine.

M. Harper a donc adopté un ton beaucoup plus conciliant que le président américain Barack Obama, qui avait parlé de l'État islamique (EI) comme d'un réseau de la mort.

Alors que les États-Unis, et ses marchés financiers, ont été secoués par des avertissements venant du gouvernement irakien que des combattants étrangers pourraient frapper l'Occident — peut-être même New York, le premier ministre canadien a plutôt opté pour un discours moins flamboyant pour son premier exposé devant l'Assemblée générale depuis 2010.

«Plusieurs pays et de nombreuses causes spécifiques feront partie de vos délibérations cette semaine (...) Mais n'oublions pas de regarder au-delà de cela, à long terme (...) Nous avons la possibilité de créer un meilleur monde pour les enfants de nos enfants. Et nous devrions le faire», a-t-il souligné.

Un proche du premier ministre a expliqué que M. Harper n'avait pas changé sa position sur l'Irak, ni sur la Russie, mais qu'il avait profité de sa tribune pour aborder d'autres sujets importants pour lui.

Plus tôt jeudi, M. Harper avait annoncé que le Canada allait contribuer à un nouveau fonds international destiné à prévenir la mortalité des mères et des nouveau-nés dans le monde, dans le cadre de ce qu'il considère être sa plus importante priorité de développement.

Le premier ministre canadien et d'autres chefs de gouvernement ont fait part de leur intention de créer un fonds de 4 milliards $ US qui sera géré par la Banque mondiale. À cet égard, M. Harper a annoncé que le Canada versera 200 millions $ dans ce nouveau fonds international.

Le nouveau fonds, qui fera aussi appel aux contributions du secteur privé, vise à réduire les taux de mortalité des mères et des nouveau-nés, et à se doter de meilleures méthodes de suivi afin de mesurer les progrès accomplis.

Cette participation du gouvernement canadien proviendra de l'enveloppe additionnelle de 3,5 milliards $ sur cinq ans promise en mai par le premier ministre pour la santé maternelle, néonatale et infantile. M. Harper avait alors promis de persuader les autres pays d'en faire plus dans ce dossier.

Les taux de mortalité des mères et des nouveau-nés sont en baisse constante depuis 20 ans, mais se situent toujours au-dessus des cibles fixées par les Nations unies dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement.

M. Harper a fait de ce dossier l'une des priorités de son gouvernement en matière de politique étrangère.

Le président directeur général d'UNICEF Canada croit que les efforts du Canada dans le domaine sont reconnus à l'étranger.

David Morley estime que les solutions pour réduire le taux de mortalité de ces individus sont relativement simples. Il suffit maintenant d'avoir de la volonté politique et des ressources financières, selon lui.

Les Objectifs du millénaire pour le développement s'étaient fixés comme cible de réduire le taux de mortalité des deux tiers entre 1990 et 2015. Tout porte à croire que l'objectif ne sera pas atteint, selon une étude de l'UNICEF.

Le rapport conclut toutefois que le nombre de morts a été diminué de moitié, passant de 90 à 46 décès par 1000 naissances en 2013.

«Ce sont des chiffres impressionnants, qui sont encore plus significatifs dans les hôpitaux (...) Nos progrès brillent dans ce domaine. Ils démontrent tout ce qu'on peut accomplir en travaillant ensemble», a remarqué le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon.

M. Morley a ajouté qu'il s'agissait d'une «révolution de la survie de l'enfant».

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