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Ebola: le gouvernement de la Sierra Leone décrète d'autres quarantaines

25/09/2014 05:19 EDT | Actualisé 25/11/2014 05:12 EST

FREETOWN, Sierra Leone - Le gouvernement de la Sierra Leone a mis en quarantaine jeudi trois autres points chauds de l'épidémie de virus d'Ebola.

La mesure touche environ un million de personnes, ce qui signifie qu'environ le tiers de la population du pays a maintenant été placé en quarantaine.

La Sierra Leone a été frappée de plein fouet par l'épidémie qui a déjà fait 6200 malades et 2900 morts dans cinq pays d'Afrique de l'Ouest, selon de nouveaux bilans publiés jeudi par l'Organisation mondiale de la Santé.

L'agence onusienne de la santé prévient que la situation continue à se détériorer en Sierra Leone, surtout en raison d'une explosion du nombre de cas dans la capitale, Freetown.

Lors d'un discours à la nation mercredi soir, le président Ernest Bai Koroma a annoncé la mise en quarantaine des districts de Port Loko et Bombali, dans le nord-ouest du pays et de Moyamba, dans le centre. Seulement les gens qui offrent des services essentiels peuvent dorénavant entrer ou circuler dans ces districts.

L'OMS a aussi noté une augmentation du nombre de cas dans ces districts.

Ailleurs en Sierra Leone, y compris dans la capitale, les maisons où des cas ont été repérés seront mises en quarantaine, a prévenu un communiqué gouvernemental.

La pire épidémie d'Ebola de l'histoire a aussi touché le Libéria et la Guinée et, dans une moindre mesure, le Sénégal et le Nigeria.

«Le Nigeria est libre du virus mais nous savons que pour en être libres de manière permanente, nous devons demeurer vigilants et collaborer avec l'OMS et la communauté internationale pour l'éradiquer de nos sous-régions et empêcher toute possibilité de son retour par l'immigration», a déclaré mercredi soir le président nigérian, Goodluck Jonathan.

La Sierra Leone avait imposé une quarantaine nationale de trois jours la semaine dernière, confinant ses six millions d'habitants à leurs résidences pendant que des travailleurs de la santé passaient de porte en porte pour distribuer de l'information et repérer de nouvelles victimes. L'opération a permis de déceler 160 personnes infectées.

«Il y a un besoin énorme d'intensifier notre réponse à cette maladie terrible, a dit le gouvernement sierra léonais par voie de communiqué. Le pronostic est que sans interventions supplémentaires ou changements dans les comportements communautaires, les chiffres augmenteront de manière exponentielle et la situation se détériorera rapidement.»

Deux districts près de l'épicentre de l'épidémie, Kenema et Kailahun, avaient déjà été placés en quarantaine. Les quarantaines touchent maintenant deux millions d'habitants du pays.

L'OMS a prévenu jeudi qu'elle a besoin de 2100 lits de plus, dont 1500 seulement pour le Libéria.

L'incapacité de procéder rapidement à des analyses en laboratoire empêche aussi de fournir des bilans précis, comme le prouve le fait qu'aucun nouveau cas n'a été officiellement détecté à Monrovia, la capitale du Libéria, au cours de la dernière semaine — une situation que l'OMS juge hautement improbable.

Le Congrès américain a débloqué jeudi 50 millions $ US pour lutter contre l'Ebola. Ces fonds proviennent du milliard de dollars accordés au président Barack Obama pour la guerre en Afghanistan. De son côté, la Banque mondiale a annoncé qu'elle consacrera 170 millions $ US de plus à la lutte contre l'épidémie, pour un total de 400 millions $ US. L'argent servira notamment à renforcer le système de santé des pays les plus durement touchés.

Un missionnaire espagnol de 69 ans qui avait été infecté par le virus, le père Manuel Garcia Viejo, est décédé jeudi à l'hôpital Carlos III de Madrid, où il était arrivé lundi. Les autorités espagnoles n'ont pas fourni plus de détails.

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