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Obama appelle le monde à lutter contre les extrémistes de l'État islamique

24/09/2014 08:48 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST

NATIONS UNIES, États-Unis - Déclarant que le monde a atteint un point tournant entre la guerre et la paix, le président américain s'est engagé devant l'ONU, mercredi, à diriger une coalition qui mènera à la chute du «réseau de la mort» de l'organisation État islamique (EI), qui sème la terreur au Moyen-Orient et a contraint les États-Unis à intervenir de nouveau militairement dans la région.

S'exprimant lors de l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, Barack Obama a déclaré que Washington sera un «partenaire respectueux et constructif» pour affronter, par la force, les militants de l'organisation djihadiste.

Il a aussi imploré les pays du Moyen-Orient de s'attaquer aux conditions qui mènent à la montée de l'extrémisme et au financement des groupes terroristes.

«Ultimement, la tâche de rejeter le sectarisme et l'extrémisme est une tâche générationnelle — une tâche pour les gens du Moyen-Orient eux-mêmes, a dit le président Obama. Aucune puissance extérieure ne peut engendrer un changement des coeurs et des pensées.»

Le président français, François Hollande, s'est rallié à l'appel de coalition formulé par son homologue américain, plaidant que les terroristes représentent une «menace internationale».

«Ce n'est pas la faiblesse qui sera la réponse face au terrorisme. C'est la force. La force du droit. La force des Nations unies. Et à un moment aussi, la force de l'action militaire quand elle est devenue nécessaire», a-t-il expliqué devant l'Assemblée générale.

M. Hollande a d'ailleurs promis de ne pas céder devant le chantage des «barbares».

«La lutte contre le terrorisme va être poursuivie, amplifiée, autant qu'il sera nécessaire. Dans le respect du droit, dans le respect de la souveraineté des États», a-t-il précisé.

Le roi Abdallah II de Jordanie, pays qui abrite des religieux ultraconservateurs sympathiques à l'ÉI, a lui aussi souligné l'aspect global de la lutte contre le terrorisme.

«Ceux qui disent "ce n'est pas de nos affaires" ont tort. (...) La sécurité de chaque pays sera influencée par le sort du Moyen-Orient. Ensemble, nous pouvons et nous devons adopter urgemment des mesures humanitaires et de sécurité pour trouver des solutions durables aux crises actuelles», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, le président Obama a profité de son discours pour décocher plusieurs flèches en direction de la Russie, qu'il a accusée d'avoir armé les rebelles ukrainiens, bloqué l'accès au lieu de l'écrasement d'un avion et déployé ses soldats en Ukraine.

«C'est une vision du monde où la force justifie tout, un monde où les frontières d'un pays peuvent être redessinées par un autre, où l'on interdit à des gens civilisés de récupérer les restes de leurs proches en raison des vérités qui pourraient être dévoilées, a-t-il dit. L'Amérique représente quelque chose de différent.»

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n'a pas semblé accorder la moindre attention aux propos de M. Obama.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait précédemment demandé aux leaders de la planète de trouver des «semences d'espoir» dans la tourmente et le découragement d'un monde qui semble devoir éclater en morceaux.

M. Ban a mentionné la multiplication des crises, la propagation des maladies, la résurrection des fantômes de la guerre froide et la violence qui frappe le monde arabe.

«Mais le leadership demande que nous trouvions des semences d'espoir que nous allons cultiver pour en tirer quelque chose de plus grand, a-t-il lancé aux 193 présidents, premiers ministres, monarques et autres leaders réunis à New York. C'est notre devoir. C'est l'appel que je vous lance aujourd'hui.»

Ne pas oublier les autres crises

Plusieurs diplomates espèrent toutefois que la plus récente crise au Moyen-Orient ne viendra pas éclipser le sort des millions de civils victimes des conflits en Syrie, en Irak, en République centrafricaine, au Soudan du Sud, en Ukraine et dans la bande de Gaza; la misère du plus grand nombre de réfugiés dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale; et l'appui mondial envers les nouvelles cibles de l'ONU pour lutter contre la pauvreté et le réchauffement climatique.

Un tel éventail de problèmes est sans précédent depuis des décennies, a lancé à l'Associated Press le ministre finlandais des Affaires étrangères, Borge Brende.

Il a rappelé que l'ONU et les pays donateurs n'ont jamais auparavant été confrontés à quatre crises humanitaires en même temps, à savoir en Irak, en République centrafricaine, au Soudan du Sud et en Syrie. Ce dernier pays est déchiré depuis plus de trois ans par une guerre civile dont le bilan s'élève à au moins 190 000 morts, selon l'ONU.

L'Assemblée générale prendra fin le 30 septembre.

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