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Négociations de paix dans l'impasse en Ukraine, accalmie sur la ligne de front

24/09/2014 06:31 EDT | Actualisé 24/09/2014 06:32 EDT
ANATOLII STEPANOV via Getty Images
A Ukrainian serviceman mans a position on an APC on September 21, 2014 near the town of Debaltseve in the region of Donetsk. Ukrainian President Petro Poroshenko said on September 21 that Ukraine must be ready to defend itself should its peace deal with pro-Russian insurgents fail. AFP PHOTO/ANATOLII STEPANOV (Photo credit should read ANATOLII STEPANOV/AFP/Getty Images)

Les négociations de paix sur l'avenir de l'est de l'Ukraine semblaient dans l'impasse mercredi après l'annonce par les séparatistes d'élections en novembre dans leur fief, au moment où la trêve des combats se consolide.

L'annonce d'élections présidentielle et législatives le 2 novembre dans les régions russophones de Donetsk et de Lougansk, théâtre de combats entre rebelles et militaires qui ont fait plus de 3 200 morts depuis avril, est un coup dur pour le chef de l'Etat ukrainien, qui avait proposé aux séparatistes le principe d'un "statut spécial" pour trois ans.

L'ébauche de plan de paix de Petro Porochenko visait à accorder une plus grande autonomie aux régions séparatistes et prévoyait la tenue d'élections locales le 7 décembre et une amnistie sous conditions pour les combattants.

Depuis l'adoption le 16 septembre par le Parlement ukrainien des lois permettant leur mise en oeuvre, Kiev attendait une réponse des séparatistes tout en conduisant parallèlement des négociations pour une trêve militaire durable.

- Elections simultanées à Lougansk et Donetsk -

Mardi, les "directions" séparatistes des régions de Donetsk et de Lougansk ont opposé une fin de non-recevoir à ces offres en annonçant des scrutins pour élire leurs députés et leur "chef".

"Nous avons notre conseil suprême et nous décidons nous-mêmes quelles élections organiser et à quelle date", a martelé le "Premier ministre" de la "République populaire de Donetsk" (RPD - autoproclamée), Alexandre Zakhartchenko, répétant que les élections législatives ukrainiennes du 26 octobre ne seraient pas organisées dans les zones tenues par les rebelles.

Ces annonces mettent en lumière la fragilité du processus de paix lancé ces dernières semaines. Si la trêve des combats est globalement respectée, le volet politique concernant l'avenir des régions russophones de l'Est est beaucoup plus problématique.

Et Kiev craint que Moscou et les séparatistes fassent tout pour geler non seulement les positions actuelles mais plus globalement le conflit, la région industrielle du Donbass devenant une nouvelle Transdniestrie, un de ces mini-Etats non reconnus de l'ex-URSS.

Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, doit relayer les craintes de Kiev à l'Assemblée générale de l'ONU à New York où il s'exprime mercredi.

Sur le plan militaire, l'armée et la rébellion continuent le retrait de leurs canons de la ligne de front. En retirant graduellement leurs pièces d'artillerie, les belligérants permettent la mise en oeuvre d'une zone tampon de 30 km le long de la ligne de front gelée le 19 septembre.

- Plus de 3 200 morts en 5 mois -

Mais cette zone démilitarisée vient au monde dans la douleur. Si, d'après la mairie de Donetsk, un seul civil a été tué depuis la consolidation du cessez-le-feu samedi, des combats continuent de se dérouler, notamment dans le secteur de l'aéroport de la ville, contrôlé par l'armée ukrainienne qui y est quasiment encerclée et qui essuie quotidiennement des tirs rebelles.

Selon le dernier bilan de l'ONU établi au 21 septembre, le conflit a fait 3 245 morts.

Parallèlement, les Européens craignent l'approche de l'hiver en raison des éventuelles répercussions de la guerre du gaz que se livrent Moscou et Kiev. Ukrainiens, Russes et Européens doivent se retrouver vendredi à Berlin pour une nouvelle session de discussions à ce sujet.

Moscou a suspendu en juin ses livraisons de gaz à l'Ukraine, Kiev refusant le prix plus élevé - 485,5 dollars les 1.000 m3 - imposé par la Russie à la suite de la destitution du président prorusse Viktor Ianoukovitch.

Bruxelles tente de promouvoir une solution provisoire où l'Ukraine paierait son gaz 385 dollars en hiver et 325 dollars en été.

La Russie fournit aux pays de l'UE environ le tiers de leurs besoins en gaz et la moitié de cet approvisionnement passe par l'Ukraine.

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