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La coalition contre l'État islamique cible des raffineries en Syrie

24/09/2014 10:54 EDT | Actualisé 25/09/2014 07:53 EDT
Getty

Les Etats-Unis et leurs alliés arabes ont étendu leurs frappes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie en ciblant des raffineries, l'une de ses principales sources de revenu, peu après la décapitation d'un otage français par des jihadistes liés à cette organisation.

Pour la première fois depuis le début des frappes en Syrie mardi, des avions de combat des Etats-Unis, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis ont frappé dans l'est syrien 12 raffineries contrôlées par l'EI, a annoncé le Pentagone.

Ces installations pétrolières produisent entre 300 et 500 barils de pétrole par jour et apportent environ deux millions de dollars par jour en revenus à l'organisation sunnite extrémiste, selon les estimations du Pentagone.

L'objectif de la coalition est ainsi d'assécher la source principale de financement des jihadistes, qui vendent le pétrole en contrebande à des intermédiaires des pays voisins.

Au moins 14 jihadistes ont péri dans les raids dans la province de Deir Ezzor et cinq civils, dont un enfant, dans les frappes sur la région de Hassaka (nord-est), a indiqué jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Le seul langage que des tueurs comme ceux-là (de l'EI) comprennent est celui de la force", a lancé le président américain Barack Obama en s'exprimant mercredi devant l'Assemblée générale de l'ONU. "J'appelle le monde à se joindre" au combat pour "démanteler ce réseau de la mort", a-t-il ajouté.

Outre l'Arabie saoudite et les Emirats, Bahreïn, le Qatar et la Jordanie participent aux frappes en Syrie, alors que la France a rejoint la campagne aérienne américaine contre l'EI en Irak.

Les Pays-Bas ont annoncé qu'ils mettraient six avions de combats F-16 et un maximum de 250 militaires à disposition de la coalition internationale. La Belgique a également décidé d'engager six F-16 pour un déploiement initial d'un mois.

La Turquie a pour sa part indiqué qu'elle pourrait fournir un soutien militaire ou logistique, alors que le Parlement britannique doit débattre vendredi de la demande d'aide irakienne de frappes aériennes.

- Réunion de crise à Paris -

Accusé de nettoyage ethnique et de crimes contre l'Humanité, l'EI est responsable de multiples exactions -viols, rapts, exécutions, crucifixions- et a décapité deux journalistes américains et un humanitaire britannique enlevés en Syrie.

La mise en scène de ces décapitations a été adaptée dans une vidéo diffusée mercredi par le groupe Jund al-Khilafa, lié à l'EI, qui a décapité l'otage français Hervé Gourdel, un guide de haute montagne de 55 ans enlevé dimanche en Algérie, en représailles aux frappes françaises en Irak.

Le président François Hollande a affirmé depuis New York que ce "crime odieux" ne faisait que renforcer sa détermination" à combattre l'EI. Il a convoqué jeudi à Paris un "conseil de défense" pour notamment "renforcer encore la protection" des Français.

Le gouvernement algérien de son côté promis de tout faire pour retrouver les auteurs de ce crime qui a soulevé l'indignation en France et dans le monde. 3 000 militaires étaient mobilisés jeudi pour tenter de retrouver le corps de l'otage et de "neutraliser" ses assassins, selon une source sécuritaire.

Signe de la ténacité de la France, les avions de combat Rafale ont survolé jeudi l'Irak en vue d'une possible nouvelle frappe, a dit le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

- Combats en Syrie, en Irak -

Alors que les pays occidentaux craignent de voir les jihadistes, une fois aguerris, revenir sur leur territoire pour organiser des attentats, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution imposant aux Etats, sous peine de sanctions, d'empêcher leurs citoyens de s'enrôler dans des groupes extrémistes.

Selon les renseignements américains, plus de 15 000 combattants étrangers venus de plus de 80 pays ont rejoint ces groupes en Irak et en Syrie ces dernières années.

Sur le terrain en Irak, les forces irakiennes continuent de combattre les jihadistes sur plusieurs fronts, notamment dans la province occidentale d'Al-Anbar.

En Syrie, ravagée par une guerre civile depuis plus de trois ans et demi, les combats se poursuivent entre rebelles et troupes du régime qui ont repris jeudi la ville d'Adra au nord de Damas, selon un responsable.

Le chef de l'opposition syrienne en exil Hadi al-Bahra a d'ailleurs réclamé mercredi devant l'ONU davantage d'armes et de soutien aérien pour lutter à la fois contre l'EI et contre le régime syrien.

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