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Le réalisateur Spike Lee honoré au Festival du film Black de Montréal

24/09/2014 07:05 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le réalisateur et scénariste américain Spike Lee, récipiendaire du prix Précurseur du Festival International du film Black de Montréal, estime que beaucoup a changé depuis la projection de son premier film, «Do the Right Thing», il y a 25 ans.

Lee a affirmé, en conférence de presse à Montréal mercredi après-midi, qu'il n'aurait jamais pensé, à l'époque, qu'un Afro-américain comme Barack Obama aurait pu être élu.

Il regrette toutefois que beaucoup plus de noirs vivent aujourd'hui dans la pauvreté et que la police tue encore des individus noirs.

Par ailleurs, selon lui, il est nécessaire que le cinéma hollywoodien prenne exemple sur le monde sportif en laissant place à la diversité.

Le cinéaste a d'ailleurs été présenté par le joueur du Canadien de Montréal P.K. Subban lors de son point de presse.

Mercredi soir, la cérémonie pour la remise du prix précédera la présentation de son nouveau film au Canada, «Da Sweet Blood of Jesus», qu'il a réalisé à l'aide de socio-financement.

«Je ne connais pas de studio qui aurait accepté de faire celui-là (...) Personne ne vole dans les airs, il n'y a pas d'effets spéciaux. C'est un film trop petit pour eux», a-t-il expliqué.

Lee a toujours été un fervent critique de son pays d'origine, ce qui lui a valu la réputation d'un homme constamment frustré.

«Je ne suis pas fâché tout le temps. Mais il y a beaucoup de raisons pour lesquelles on peut être fâché, pas juste aux États-Unis, dans le monde en général... Il y a l'environnement, la guerre et plusieurs autres raisons», a-t-il souligné.

Il croit que l'éducation est le meilleur moyen pour remédier aux problèmes dans la société, rappelant que la moitié des jeunes noirs ne finissent pas l'école secondaire.

«Il y a un lien direct entre le taux d'abandon et la population en prison», a-t-il conclu.

Il a toutefois indiqué qu'il aimait son pays, malgré ses nombreux défauts.

«J'aime les États-Unis. On peut aimer les États-Unis et critiquer en même temps (...) C'est le meilleur pays au monde, sans manquer de respect au Canada. On peut faire tellement de choses là-bas... Si on est motivé et qu'on a un rêve, on peut le réaliser, plus que dans n'importe quel autre pays. C'est pour cela que tant de gens tentent de s'y rendre», a-t-il remarqué.

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