POLITIQUE

L'aide médicale à mourir pourrait être débattue au Sénat

24/09/2014 09:48 EDT | Actualisé 24/09/2014 09:48 EDT
Getty
NEW YORK, NY - MAY 09: Veterinarian Wendy McCulloch draws an injection of sedative to put a dog to sleep ahead of a final euthanasia injection on May 9, 2012 in New York City. End of life issues have become increasingly important for pet owners, as advanced medical treatments and improved nutrition are extending pets lives well into old age. McCulloch runs Pet Requiem, a home veterinary service designed to provide geriatric care and in-home euthanasia for dying pets in the New York and New Jersey area. Many pet owners are choosing such in-home care to try and provide a humane and compassionate 'good death' for their beloved pets. (Photo by John Moore/Getty Images)

Le Sénat pourrait se pencher sur l'enjeu de l'aide médicale à mourir. Le député conservateur quadraplégique Steven Fletcher, qui propose un projet de loi pour autoriser et encadrer le suicide médicalement assisté, se tourne vers la Chambre haute afin que la question soit débattue plus rapidement.

Un texte de Madeleine Blais-Morin

À la Chambre des communes, le député Steven Fletcher est devenu l'homme d'une cause, mais il se bute aux contraintes des règles parlementaires.

Il a présenté, il y a six mois, un projet de loi sur l'aide médicale à mourir.

Doutant qu'il soit débattu à la Chambre des communes, puisque son nom est très bas dans l'ordre de priorité pour débattre d'un projet de loi d'initiative parlementaire, il demande à des sénateurs de reprendre son combat dans l'autre chambre.

« Je pense que ce serait une occasion pour le Sénat de faire bonne impression, en démontrant qu'il peut traiter de sujets potentiellement délicats pour les députés. »

— Steven Fletcher, député conservateur

Déjà un sénateur libéral se dit prêt à parrainer son projet de loi.

Larry Campbell croit qu'un débat sur le suicide médicalement assisté s'impose et il prédit même que la Chambre haute pourrait appuyer l'idée.

« Selon moi, la majorité des sénateurs disent oui, c'est une question que l'on peut appuyer. Certains sont catégoriquement contre. Mais je crois que ça peut passer. Le plus important, c'est d'avoir une discussion à ce sujet. »

— Larry Campbell, sénateur libéral

Une réflexion déjà entamée

Si le débat n'est pas encore commencé, la réflexion, elle, est déjà entamée chez certains sénateurs.

Le sénateur conservateur Jacques Demers estime que s'il était confronté lui-même à cette question, il préférerait avoir le choix :

« Je vous dis honnêtement, si je n'étais plus capable de fonctionner, si j'avais des gens autour de moi obligés de prendre soin de moi presque 24 heures par jour, j'aimerais mieux qu'on vienne me chercher. »

— Jacques Demers, sénateur conservateur

N'empêche, il affirme que si cette question délicate était étudiée au Sénat, il prendrait bien soin de peser les pour et les contre.

Selon son collègue Pierre-Hugues Boisvenu, le Sénat est bien placé pour étudier l'enjeu :

« Je pense que les débats les moins politiques se font au Sénat. Tout débat qui relève à mon avis d'une notion morale, d'une notion sociale devrait se faire au Sénat. Cela devrait être le rôle fondamental du Sénat et peut-être que les citoyens auraient une meilleure image du Sénat. »

— Pierre-Hugues Boisvenu, sénateur conservateur

Mais le leader du gouvernement au Sénat, Claude Carignan, tempère les attentes. Il indique que rien n'empêche un sénateur de présenter un tel projet de loi, mais il note que la Chambre haute a déjà d'autres travaux prévu.

« Au cours des prochaines semaines, des prochains mois, cela pourrait être difficile de débattre de ce projet de loi de façon sereine. Comme vous le savez, il y a une élection qui va avoir lieu en octobre 2015, le Sénat devrait siéger jusqu'en juin, cela laisserait peu de temps d'ici l'élection pour débattre de façon approfondie un projet de loi de cette nature-là », a expliqué le sénateur Carignan.

Visiblement, malgré la volonté de certains députés et sénateurs, le gouvernement préfère se tenir loin du débat.

Fin de vie: ce qu'autorisent les pays européens