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Nouvelles frappes en Syrie, mobilisation à l'ONU contre les jihadistes étrangers

24/09/2014 06:38 EDT | Actualisé 24/09/2014 06:39 EDT
ASSOCIATED PRESS
In this photo released by the U.S. Navy, the guided-missile cruiser USS Philippine Sea launches a Tomahawk cruise missile at Islamic State group positions in Syria as seen from the aircraft carrier USS George H.W. Bush on the Arabian Gulf on Tuesday, Sept. 23, 2014. Syria said Tuesday that Washington informed President Bashar Assad's government of imminent U.S. airstrikes against the Islamic State group, hours before an American-led military coalition pounded the extremists' strongholds across northern and eastern Syria.(AP Photo/Eric Garst, U.S. Navy)

La coalition menée par les Etats-Unis a de nouveau frappé des positions du groupe Etat islamique (EI) en Syrie et Irak, avant le début de l'Assemblée générale de l'ONU qui sera dominée par la lutte contre l'enrôlement des jihadistes étrangers.

Des avions de la coalition ont visé dans la nuit de mardi à mercredi "des positions et des routes d'approvisionnement de l'EI" dans les environs de la ville kurde d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde), complètement encerclée par le groupe extrémiste, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les Etats-Unis ont pour leur part indiqué avoir effectué trois frappes, deux en Syrie et une en Irak, qui ont détruit ou endommagé des véhicules appartenant à des combattants de l'EI, selon le Centre de commandement central.

Ces nouveaux raids sont intervenus au lendemain d'une série de seize frappes conduites par Washington et ses alliés arabes, les premières sur le sol syrien depuis le début de la lutte contre l'EI.

Ces opérations ont été "très réussies", a assuré le Pentagone, en précisant qu'elles avaient été menées au moyen d'avions de chasse, de drones, de bombardiers et de 47 missiles Tomahawk.

Le président américain Barack Obama a salué "la force" de la coalition mise sur pied à son initiative pour "détruire" l'EI aussi bien en Irak qu'en Syrie, où ce groupe extrémiste sunnite contrôle de larges zones.

Cela "démontre clairement (...) qu'il ne s'agit pas simplement du combat de l'Amérique" et que "le monde est uni" contre la menace jihadiste, a souligné M. Obama.

La série de bombardements de mardi a été menée par les Etats-Unis et cinq "nations partenaires" arabes (Jordanie, Bahreïn, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis), tandis que la France a déjà participé à des frappes en Irak.

Le président américain devrait lancer un appel à renforcer encore cette coalition en s'exprimant mercredi à l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré que son pays, qui a jusqu'à présent limité son implication dans le conflit à la livraison d'armes aux combattants kurdes, n'avait d'autre choix que lutter contre l'EI. Il pourrait donc envisager de participer aux bombardements, selon la presse britannique.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part déclaré qu'Ankara pourrait fournir un soutien militaire ou logistique à l'opération. La Turquie avait refusé dans un premier temps de participer à la coalition.

- Combattants de 74 pays -

A New York, M. Obama présidera une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU afin de faire adopter une résolution contraignante visant à endiguer le flux des "combattants terroristes étrangers", comme le qualifie le texte américain.

Quelque 12 000 combattants étrangers venus de 74 pays différents auraient rejoint les organisations extrémistes en Irak et en Syrie, ce qui représente la plus forte mobilisation étrangère depuis la guerre d'Afghanistan dans les années 1980, selon le Centre international d'Etude de la radicalisation, basé à Londres.

La majorité viennent du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Jordanie) et du Maghreb (Tunisie, Maroc), mais le nombre d'Européens est en hausse, à "environ 3 000", selon le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme.

Les frappes menées mardi en Syrie par les Etats-Unis ont particulièrement visé le "groupe Khorassan", lié à Al-Qaïda, dans la région d'Alep (nord), selon un porte-parole du Pentagone, John Kirby. Ce groupe jusqu'à présent peu connu s'apprêtait à lancer des "attaques majeures" contre des cibles occidentales et éventuellement aux Etats-Unis, a-t-il affirmé.

Selon l'OSDH, environ 120 jihadistes ont été tués dans les frappes de mardi, dont 70 de l'EI et 50 d'Al-Qaïda.

Un militant basé à Raqa, fief de l'EI en Syrie, a indiqué que les combattants jihadistes s'étaient "redéployés" pour éviter les frappes ciblant leurs positions.

- Incertitude autour de l'otage français -

Aucune information n'était disponible mercredi sur le sort d'un Français enlevé dimanche par le groupe jihadiste algérien "Jund al-Khilafa", qui soutient l'EI, dans une région montagneuse à l'est d'Alger.

Les ravisseurs ont menacé, dans une vidéo diffusée lundi soir "d'égorger dans les 24 heures" cet otage, Hervé Pierre Gourdel, un guide de 55 ans.

Le président français François Hollande a rejeté cet ultimatum et affirmé que la France poursuivrait ses opérations en Irak. "Nous ne cèderons à aucun chantage, aucune pression, aucun ultimatum, fût-il le plus odieux, le plus abject", a-t-il déclaré à New York.

Le groupe EI avait appelé lundi les musulmans à tuer de "n'importe quelle manière" les ressortissants de pays appartenant à la coalition internationale.

En Australie, un jeune homme de 18 ans soupçonné de "terrorisme" par les services de renseignement australiens a été abattu par les forces de l'ordre après avoir blessé deux policiers à coups de couteau.

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