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Un groupe somalien affirme que l'État islamique recrute des jeunes en Alberta

24/09/2014 02:23 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST
AHMAD AL-RUBAYE via Getty Images
An Iraqi Sunni fighter guards one of the river access points to go from the Sunni town of Dhuluiya, some 75 kms (45 miles) north of Baghdad, to the Shiite city of Balad on September 17, 2014, after Islamic State group jihadists earlier destroyed the two bridges connecting the two towns. Elite Iraqi forces backed by US jets battled jihadists near Baghdad as President Barack Obama insisted US ground troops would not be deployed in the drive to smash the Islamic State group. AFP PHOTO/ AHMAD AL-RUBAYE (Photo credit should read AHMAD AL-RUBAYE/AFP/Getty Images)

EDMONTON - Le dirigeant d'un groupe somalien du Canada a écrit au premier ministre Stephen Harper pour l'avertir que des jeunes en Alberta se font recruter pour devenir des combattants pour le groupe radical État islamique (ÉI).

Dans sa lettre, Mahamad Accord dit qu'il possède des sources fiables, incluant des aînés de la communauté somalienne, qui affirment que des jeunes d'origine somalienne, certains n'ayant que 16 ans, sont partants pour devenir des combattants terroristes.

«Les parents de ces jeunes hommes et jeunes femmes sont extrêmement inquiets au sujet de ce groupe terroriste et du fait que ses sympathisants recrutent notre jeunesse pour se battre dans cette guerre perdue d'avance», a-t-il écrit dans sa lettre datée du 15 septembre et adressée à Stephen Harper.

L'insurrection extrêmement violente de l'ÉI a commencé au début de l'année, ses combattants prenant le contrôle de villes et de territoires dans des parties de l'Irak et de la Syrie.

Dans une entrevue, mercredi, M. Accord, qui est le président du Congrès somalien-canadien de l'ouest du Canada, admet ne pas avoir de chiffres précis sur le nombre de jeunes qui ont été recrutés.

Il a refusé de donner leurs noms ou celui de leur famille, invoquant des préoccupations liées à leur vie privée.

Il affirme toutefois que certains jeunes qui ont quitté le pays ont appelé à la maison à partir de pays comme la Turquie, sans aucune explication.

M. Accord demande de l'aide au premier ministre Harper pour rejoindre les jeunes Somaliens mécontents dans le but de contrer les efforts des recruteurs de l'ÉI.

«Il est temps de mettre en place une stratégie de rechange qui pourrait protéger notre sécurité», a-t-il écrit. «Nous avons besoin de ressources pour contrer ces terroristes. Notre stratégie est de les repérer aussi tôt que possible et d'éviter à nos jeunes vulnérables d'être entraînés vers le terrorisme».

M. Accord estime qu'il y a environ 35 000 personnes d'origine somalienne en Alberta, dont environ 15 000 vivent à Edmonton.

Il affirme que la plupart sont des musulmans modérés, de bons travailleurs qui méprisent et rejettent l'ÉI et les autres groupes terroristes.

Selon lui, la communauté somalienne veut collaborer avec les autorités canadiennes et la police pour combattre ces extrémistes.

«On ne peut pas rester là à ne rien faire pendant que ces criminels mettent la vie de nos jeunes en danger et deviennent des appâts pour les terroristes d'ÉI», a-t-il affirmé.

Un responsable au bureau du premier ministre a répondu à une demande de commentaires au sujet de la lettre de M. Accord en faisant valoir que le gouvernement conservateur est un fier partenaire de la lutte mondiale contre le terrorisme.

«Et nous avons donné aux agences de sécurité un certain nombre d'outils pour combattre le terrorisme et nous continuons à protéger les familles canadiennes respectueuses de la loi de ceux qui veulent leur faire du mal», a écrit dans un courriel Carl Vallée, l'attaché de presse de M. Harper.

Les propos de M. Vallée ne faisaient aucune référence à la lettre de M. Accord ni aux questions spécifiques qu'elle soulève, comme le besoin de programmes et de ressources pour intervenir auprès des jeunes d'origine somalienne.

Le mois dernier, un imam éminent du Conseil suprême islamique du Canada à Calgary a fait une grève de la faim de 48 heures pour sensibiliser la population au fait que l'ÉI ne fait pas partie de la communauté musulmane.

L'imam Syed Soharwardy a déclaré que l'ÉI détruit la paix et donne une image négative de l'islam.

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