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Ebola: une équipe de la Croix-Rouge est attaquée

24/09/2014 08:13 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST

DAKAR, Sénégal - Une équipe de la Croix-Rouge qui récupérait les corps de victimes de l'épidémie d'Ebola dans le sud-est de la Guinée a été attaquée mardi, ajoutant aux agressions qui freinent la réponse à l'épidémie qui défèrle sur l'Afrique de l'Ouest.

Un travailleur de la Croix-Rouge a été blessé au cou à Forecariah, a dit Benoît Carpentier, un porte-parole de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Des proches des victimes ont tout d'abord attaqué les six bénévoles et vandalisé leurs véhicules, a dit une résidante. Une foule s'est ensuite formée et s'est dirigée vers le centre régional de santé, qui a été attaqué à coups de pierres.

Cette attaque est la plus récente à viser les équipes qui travaillent à enterrer les corps, à fournir de l'information concernant l'Ebola et à désinfecter les endroits publics.

La semaine dernière, une équipe composée de plusieurs travailleurs de la santé et de quelques journalistes a été kidnappée en Guinée. Les corps de huit personnes ont ensuite été retrouvés.

L'Ebola a infecté plus de 5800 personnes dans cinq pays d'Afrique de l'Ouest. On contrôle habituellement le virus en isolant les malades et en surveillant toutes les personnes avec qui ils ont été en contact, une tactique qui s'applique plus difficilement maintenant que la maladie a atteint des centres urbains pour la première fois.

Certains résidants croient que les travailleurs envoyés combattre la maladie sont en fait porteurs du virus, ce qui complique les efforts pour freiner la progression de la maladie.

En avril, Médecins sans frontières a brièvement retiré son équipe de la ville ghanéenne de Macenta après que sa clinique ait été attaquée avec des pierres. Des employés de la Croix-Rouge ont été menacés la semaine dernière en Sierra Leone, a dit M. Carpentier.

L'Ebola est si nouveau en Afrique de l'Ouest, et si terrifiant et si mortel, que la population associe souvent les étrangers au virus, même s'ils sont en fait sur place pour aider, a dit Meredith Stakem, du groupe humanitaire Catholic Relief Services. De plus, les membres de ces communautés ne savent souvent rien de la transmission des maladies.

«C'est difficile pour les gens de comprendre qu'un cadavre puisse être dangereux», a-t-elle dit.

M. Carpentier a expliqué que les équipes sont fréquemment attaquées quand elles sont contraintes d'interférer avec des pratiques funéraires solidement ancrées, concernant la manipulation des corps. La résistance est surtout concentrée dans les régions les plus reculées, où les mentalités ne changent que lentement.

«Il faut presque y aller une personne à la fois, a-t-il dit. Il faut s'assurer que tout le monde comprend et qu'il n'y a pas une seule personne qui ne croit pas et qui entraîne tout le village en répandant le mauvais message.»

Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la Santé a révélé mercredi qu'on pourrait disposer d'ici la fin de l'année de doses suffisantes d'un vaccin pour freiner l'épidémie d'Ebola.

On ne dispose actuellement d'aucun traitement éprouvé contre la maladie, même si deux vaccins sont à l'essai.

Des experts avaient précédemment prévenu qu'un médicament ou un vaccin ne serait probablement pas prêt à temps pour lutter contre cette épidémie. L'OMS a toutefois affirmé mercredi qu'on pourrait disposer de quantités suffisantes à la fin de l'année pour avoir un impact.

De son côté, le pape François a appelé mercredi à la solidarité internationale dans la lutte contre l'Ebola. Il a notamment demandé aux 30 000 personnes qui ont assisté à son audience publique hebdomadaire de prier pour les victimes. C'était la deuxième fois en autant de jours que le pape évoquait l'épidémie, après avoir soulevé le sujet mardi lors d'une rencontre avec des évêques ghanéens.

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