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Beterbiev veut rejoindre l'élite des lourds légers en battant Cloud

24/09/2014 04:49 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Artur Beterbiev dit de lui-même qu'il est «un Canadien sans passeport». Il espère que la foule sera de son côté lors de son plus important combat professionnel dans son pays d'adoption.

Le Russe, qui en est seulement à son sixième combat chez les lourds légers, affrontera l'ex-champion du monde IBF Tavoris Cloud, samedi, au Centre Bell.

Ce gala devait offrir en finale un combat opposant Cloud (24-2, 19 K.-O.) à l'ancien champion de la WBC Jean Pascal, mais le coloré boxeur de Laval a été mis de côté quand il a décidé de rompre les liens avec le promoteur Yvon Michel en juillet dernier.

Beterbiev (5-0, 5 K.-O.) l'a remplacé à pied levé. L'ex-champion du monde amateur de 29 ans est maintenant basé à Montréal et on prend le plus de raccourcis possibles dans son cas. Celui qui a stoppé tous ses adversaires avant la limite jusqu'à présent n'aura que 11 rounds d'expérience quand il sautera dans le ring, samedi, face à un expérimenté vétéran qui s'est retrouvé dans des combats face aux meilleurs de la planète, dont Glen Johnson, Bernard Hopkins et l'actuel champion de la WBC, Adonis Stevenson.

«Je crois au plus profond de mon coeur être en mesure de le vaincre, a déclaré Beterbiev par le truchement d'un interprète. J'ai beaucoup d'expérience chez les amateurs et je sais que je peux le faire.»

Beterbiev est la variable inconnue dans la tête de Cloud. Le Floridien de 32 ans a accepté le combat seulement pour demeurer actif. Il n'a pas boxé depuis qu'il s'est fait passer le K.-O. par Stevenson au septième round de leur affrontement du 28 septembre dernier.

Cloud n'a pas été impressionné par Pascal, qui avait aussi annulé un combat prévu en 2012 entre les deux pugilistes en raison d'une blessure à la main. Il croit que Pascal a voulu l'éviter, notant au passage que le Québécois a passé une bonne partie de sa convalescence à faire la fête dans les boîtes de Miami.

Depuis qu'il a décidé de devenir son propre promoteur, Pascal n'a toujours pas annoncé son prochain combat, bien qu'il harcèle Stevenson sur Twitter afin que les deux hommes s'affrontent.

«Avec Pascal, vous ne devez pas trop espérer vous battre, a dit Cloud. Je ne le trouve pas très professionnel présentement.

«Il a besoin de prendre de la maturité et de se faire une idée claire au sujet de ce qu'il veut vraiment faire. Soit il veut faire la fête, soit il veut être un boxeur professionnel. C'est la deuxième fois qu'il me fait ça. Je ne pense pas vraiment à Pascal. Je ne pense qu'à mon combat (contre Beterbiev). Je trouve qu'il manque de respect envers la boxe et les partisans montréalais, car c'est un combat qu'ils veulent voir.»

Passer de Pascal à Beterbiev a aussi d'autres conséquences. Le combat n'a maintenant plus d'attrait pour une chaîne câblée américaine et seulement une section de 4000 sièges sera utilisée au Centre Bell.

Cloud ne prendra toutefois pas Beterbiev à la légère: il a visionné ses précédents combats, dont ses deux victoires face à l'actuel champion WBO Sergey Kovalev chez les amateurs.

«Je sais que ce gars-là a du talent. Vous ne participez pas à deux Jeux olympiques en étant un mauvais boxeur. Mais le fait de participer aux JO ne fait pas nécessairement de vous un bon boxeur professionnel.»

Beterbiev souhaitait gravir plus rapidement les échelons. Il voulait avoir une progression semblable à l'Ukrainien Vasyl Lomachenko, qui a remporté une ceinture chez les poids plumes à son troisième combat professionnel, en juin. Mais la Régie des Alcools, des Courses et des Jeux ne permet pas de combats de plus de six rounds lors des quatre premiers duels professionnels d'un boxeur. Maintenant, il veut affronter les meilleurs de sa division.

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