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Pershing Capital menace de poursuivre Allergan si elle rachète Salix sans vote

23/09/2014 01:36 EDT | Actualisé 23/11/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le bras de fer qui met aux prises Allergan et son plus important actionnaire, Pershing Square Capital, a repris de plus bel, mardi.

Le fonds d'investissement dirigé par Bill Ackman, qui souhaite une fusion entre Allergan, fabricant du traitement antirides Botox, et Valeant Pharmaceuticals (TSX:VRX) a menacé de poursuivre la société californienne si elle tente de racheter Salix Pharmaceuticals sans obtenir le consentement de ses actionnaires au préalable.

Pershing Square Capital s'est allié à la société pharmaceutique établie à Laval pour lancer une offre d'achat hostile de 50 milliards $ visant à mettre la main sur Allergan.

Dans une lettre envoyée mardi au conseil d'administration d'Allergan, l'investisseur activiste avertit que la conclusion d'une entente avec Salix contreviendrait à l'obligation fiduciaire du conseil d'Allergan et à son engagement à permettre à ses actionnaires de tenir un vote pour se prononcer sur l'offre hostile de Valeant.

«Nous ne croyons pas que vous pouvez légalement procéder à ce genre de transaction, particulièrement en raison de votre incapacité à discuter avec Valeant», écrit M. Ackman.

La menace de M. Ackman survient au lendemain de la publication d'un article du Wall Street Journal dans lequel on peut lire que la californienne Allergan (NYSE:AGN) tient des discussions avancées en vue d'acquérir Salix (Nasdaq:SLXP), dont la valeur boursière atteint environ 10 milliards $ US.

«Si vous le faites, nous intenterons immédiatement un recours en justice contre vous et toute partie qui vous aura aidé ou soutenu», prévient M. Ackman.

Cette acquisition rendrait Allergan plus dispendieuse et compliquée à racheter.

La société lavalloise et Allergan ont chacune indiqué qu'elles n'avaient pas l'intention de commenter ces «rumeurs». Par voie de communiqué, le fabricant du Botox a toutefois réitéré que l'offre de Valeant était «grossièrement inadéquate».

«Le conseil d'administration d'Allergan est au courant de ses obligations fiduciaires, et (...) il se concentre à obtenir le plus de valeur possible pour ses actionnaires, contrairement à M. Ackman, qui tente de livrer Allergan à Valeant au plus bas prix possible», est-il écrit.

En août dernier, le fabricant du Botox aurait rejeté une offre d'Actavis Pharmaceuticals, qui n'aurait vraisemblablement pas été plus généreuse que celle proposée par Valeant.

La bataille entre les deux sociétés s'est amorcée en avril dernier, lorsque Valeant avait lancé son offre d'achat hostile.

Malgré tout, Allergan se trouve actuellement dans une «très bonne position», croit l'analyste David Maris, de BMO Marchés des capitaux, qui ajoute que plusieurs scénarios s'offrent au fabricant du Botox.

«Avec une offre (...) pour Salix et la perspective de voir se manifester un chevalier blanc, nous croyons que l'offre de Valeant a peu de chances d'aboutir», écrit-il dans un rapport.

Selon M. Maris, l'acquisition de Salix permettrait à Allergan de se diversifier et de faire grimper ses profits pour 2016 à 11,50 $ US par action, par rapport au consensus de 9,72 $ US par action.

L'analyste croit également que Valeant n'aura pas le choix de bonifier rapidement son offre ou tout simplement retirer son offre hostile à l'endroit d'Allergan.

«Si Allergan met la main sur Salix (...) les actionnaires de Valeant pourraient ne pas être satisfaits du résultat», souligne M. Maris.

Ce dernier croit également que Pershing Square Capital et la société lavalloise ne disposent pas d'assez de votes pour écarter les membres du conseil d'administration d'Allergan de l'assemblée annuelle des actionnaires de la société prévue le 18 décembre prochain.

Salix Pharmaceuticals se spécialise dans les médicaments visant à traiter les problèmes gastro-intestinaux. L'action de l'entreprise établie en Caroline du Nord avait atteint un sommet mardi dans la foulée des rumeurs concernant une possible transaction avec Allergan.

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