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L'âge plutôt que le sexe est un facteur d'inégalité des revenus, selon une étude

23/09/2014 06:31 EDT | Actualisé 23/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - L'âge, et non le sexe, est de plus en plus au coeur des inégalités de revenu au Canada, peut-on lire dans une récente étude du Conference Board du Canada.

Le groupe de réflexion économique croit que ce phénomène générationnel pourrait menacer la croissance économique et la stabilité sociale si les entreprises ne commencent pas à offrir de meilleurs salaires.

L'étude conclut que les jeunes travailleurs gagnent moins que leurs aînés, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, d'individus ou de couples et ce, tant avant qu'après impôt.

Ainsi, le revenu disponible des Canadiens âgés de 50 à 54 ans est aujourd'hui supérieur de 64 pour cent à celui des 25 à 29 ans contre 47 pour cent au milieu des années 1980.

David Stewart-Patterson, vice-président du Conference Board et coauteur du rapport, explique que la motivation derrière l'étude provenait d'une foule d'anecdotes qui suggéraient que les jeunes Canadiens traînaient de la patte économiquement.

«On a tous entendu ces histoires — nos enfants reçoivent une très bonne éducation, mais beaucoup trop d'entre eux se retrouvent à vivre dans le sous-sol de leurs parents, pris dans des emplois mal payés dans l'industrie des services qui ne tirent pas vraiment avantage de toute l'éducation que nous avons payée».

«Notre étude offre des preuves assez convaincantes et quantitatives qui démontrent que oui, il y a une tendance systémique ici. Il ne s'agit pas uniquement d'histoires de quelques individus — il y a réellement une tendance qui s'est développée sur une période de temps prolongée, une tendance qui a des implications troublantes pour l'avenir».

Le rapport, qui repose sur 27 années de données sur l'impôt sur le revenu, conclut qu'entre 1984 et 2010, l'écart de revenu d'emploi est passé de 53 à 71 pour cent chez les hommes mais d'à peine 9 à 43 pour cent chez les femmes.

Il indique de plus qu'avec le départ à la retraite des baby-boomers, les Canadiens devront compter sur une plus petite proportion de la population pour stimuler la croissance économique et maintenir l'assiette fiscale qui permet de financer les services publics.

Le Canada a donc besoin que la moyenne salariale augmente, notamment afin de pouvoir payer les coûts grandissants de soins de santé de la génération des baby-boomers, a ajouté M. Stewart-Patterson.

«Et si nous regardons les 30 dernières années... le revenu réel gagné par les travailleurs les plus jeunes a à peine bougé après l'inflation. Cela créée une situation dans laquelle on peut se demander: de combien les gouvernements peuvent-ils augmenter les impôts, de combien notre économie peut-elle croître?».

Il a avertit qu'avant longtemps, la plus jeune génération «va en avoir marre».

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