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La Turquie a accueilli 150 000 réfugiés syriens en quelques jours

23/09/2014 09:41 EDT | Actualisé 23/11/2014 05:12 EST

SURUC, Turquie - Des réfugiés syrien en Turquie racontent que leur ville, qui a déjà compté 400 000 habitants, est maintenant une ville-fantôme, presque tout le monde l'ayant quittée afin d'échapper aux militants du groupe État islamique (ÉI).

Il ne resterait à Kobani que quelques milliers de combattants qui tentent de résister au massacre des militants radicaux du groupe. Mardi, cette vague de personnes ayant fui l'ÉI vers la Turquie avait atteint 150 000.

Avant cette dernière vague, la Turquie avait déjà accueilli plus d'un million de réfugiés depuis le début de la guerre civile en Syrie, il y a trois ans et demi. Cette vague est toutefois la plus importante jusqu'à maintenant, selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés.

Les réfugiés arrivaient épuisés, mardi, à la frontière. Si certains marchaient, d'autres boitaient, et d'autres encore étaient étendus sur des civières. Et tous rapportaient des histoires expliquant pourquoi leur ville se vide.

Osman Nawaf, 59 ans, a vu encore 50 cadavres pendus, sans tête, dans le village de Boras qu'il a traversé durant la marche de trois jours, depuis son village en banlieue de Kobani.

Leyla Kuno, une mère de dix enfants âgée de 55 ans, a rapporté que seuls les combattants sont restés dans la ville.

Les forces kurdes qui tentent de renverser l'ÉI espèrent que les frappes aériennes lancées mardi en Syrie contribueront à faire baisser la tension. Mais jusqu'à maintenant, les combattants restés à Kobani ne voyaient pas de progrès.

À l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, on affirme qu'on a assisté, dans les derniers jours, «probablement à la plus grande vague de migration dans la région sur une courte période de temps, et certainement la plus grande pour la Turquie».

Les besoins pour ces réfugiés sont si grands que l'organisme considérait transporter des fournitures provenant d'autres pays par avion. La porte-parole, Selin Unal, a prié les autres pays d'apporter leur soutien à la Turquie, signalant que, bien que ce soit le pays qui a accueilli le plus de réfugiés, la Turquie a reçu moins d'aide que ses voisins qui doivent aussi composer avec l'arrivée massive de migrants.

Beaucoup des réfugiés d'un centre ont exprimé espérer être en mesure de réintégrer bientôt leur vie à Kobani.

Les réfugiés ont commencé à arriver en Turquie jeudi, pour échapper à une offensive des djihadistes qui amène le conflit aux confins de la frontière turque.

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