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Air France:environ 200 pilotes frustrés manifestent devant l'Assemblée nationale

23/09/2014 01:10 EDT | Actualisé 23/11/2014 05:12 EST

PARIS - Les pilotes d'Air France ont enfilé leur uniforme et exprimé leur insatisfaction dans la rue, mardi, en manifestant devant l'Assemblée nationale pour réclamer une intervention gouvernementale afin de mettre un terme à une grève qui dure depuis maintenant huit jours.

Le transporteur aérien Air France-KLM a indiqué qu'environ 50 pour cent des vols normalement offerts par Air France ont dû être annulés en raison de ce conflit de travail.

Les pilotes s'opposent à l'expansion annoncée du transporteur à rabais Transavia, une avenue que la direction de l'entreprise souhaite explorer pour réduire ses coûts et maintenir sa compétitivité.

Selon Air France, chaque journée de grève entraîne des frais de 25 millions $ US.

Le Syndicat national des pilotes de ligne estime que l'offre de retarder l'expansion de Transavia jusqu'en décembre n'est qu'un écran de fumée. Il a accusé l'employeur de chercher à transférer des emplois vers des pays où les impôts sont moins élevés et où le personnel est meilleur marché.

Même si les grèves sont monnaie courante en France, il est rare de voir les pilotes se servir de ce moyen de pression dans l'espoir de faire entendre leurs revendications.

Environ 200 d'entre eux ont pris part au rassemblement de mardi. Ils étaient armés de pancartes, avaient apposé des autocollants sur leur casquette et distribuaient des tee-shirts avec des messages de dénonciation de la sous-traitance à l'étranger.

L'un des protestataires a lancé que «le nombre de personnes travaillant pour Air France ne cesse ne décroître d'une année à l'autre et qu'il n'y a donc aucune raison d'essayer de mettre sur pied une autre compagnie à l'étranger». Alain Magi a martelé que si ce scénario se concrétise, «ça ne coûtera pas seulement les emplois de certains pilotes d'Air France, ça tuera Air France», ce qui, à ses yeux, est inacceptable.

Quant au premier ministre, Manuel Valls, il n'a pas mâché ses mots en parlant des grévistes. Il a soutenu que leur débrayage n'avait pas sa raison d'être, «qu'il n'était pas compris par les Français, qu'il donnait une mauvaise image de la France et qu'il représentait une réelle menace pour la compagnie».

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