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Yémen: les miliciens chiites s'en prennent à un général allié aux islamistes

22/09/2014 10:22 EDT | Actualisé 22/11/2014 05:12 EST

SANAA, Yémen - Des miliciens yéménites chiites lourdement armés se sont emparés lundi du quartier général et de la résidence d'un puissant général de l'armée allié aux islamistes sunnites.

Ils ont ensuite érigé des postes de contrôle à travers la capitale, Sanaa, pendant que le général et ses alliés prenaient la fuite.

L'offensive lancée contre le major-général Ali Mohsen al-Ahmar consolide l'emprise des rebelles houthis sur la capitale après une semaine de combats violents. Le groupe s'est emparé au cours des derniers jours de plusieurs installations stratégiques et édifices gouvernementaux à Sanaa, mais en a ensuite remis la majorité à la police militaire.

Les combats de la dernière semaine ont fait au moins 340 morts. Des responsables médicaux yéménites ont indiqué lundi que 200 corps ont été retirés des rues de la capitale. Plusieurs gisaient au soleil depuis des semaines puisque les combats empêchaient les ambulances de les récupérer.

L'attaque houthie a plongé le Yémen dans un chaos encore plus profond. L'émissaire spécial de l'ONU au Yémen, Jamal Benomar, a réussi à négocier une trêve pour mettre fin à la violence.

Les combats entre les Houthis chiites et les miliciens pro-islamistes ont perdu de leur intensité, et les rues de Sanaa étaient plutôt calmes lundi. Des milliers de combattants houthis patrouillaient la capitale, tandis que des policiers militaires surveillaient les édifices gouvernementaux.

Des milliers de résidants de la ville ont déjà fui, tandis que ceux qui sont restés se sont barricadés chez eux pour se prémunir contre les cambriolages et le pillage. De longues files de voitures chargées de bagages et de nourriture pouvaient être vues quittant la capitale à destination de la campagne.

Les houthis ont signé l'entente onusienne dimanche, ce qui leur accorde une influence sans précédent sur la présidence et le cabinet. L'accord impose un cessez-le-feu immédiat et prévoit la formation d'un gouvernement technocrate après un mois de consultations auprès des différentes formations politiques.

L'accord stipule que le président Abed Rabbo Mansour Hadi choisira des conseillers importants dans les rangs des houthis et des factions séparatistes provenant du sud du pays.

Le parti Islah (la branche politique des Frères musulmans), son allié principal (la tribu Al-Ahmar) et des généraux loyalistes sont exclus de l'entente de partage des pouvoirs.

L'accord n'a pas empêché les Houthis de capturer dimanche le quartier général de la 1ère Division blindée, une unité d'élite équipée par le général al-Ahmar qui a mené plusieurs campagnes contre les Houthis dans le nord du pays. Lundi, des combattants houthis se sont emparés de vastes quantités d'armes — dont des dizaines de chars et de blindés — qu'ils ont emportées hors de la capitale.

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