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Sommet sur le climat : Couillard rattrapé par la cimenterie de Port-Daniel

22/09/2014 06:28 EDT | Actualisé 22/09/2014 06:28 EDT
AFP via Getty Images
Quebec Liberal leader, Philippe Couillard(C), addresses the Board of Trade of Metropolitan Montreal April 1, 2014 in Montreal, Canada. The elections are scheduled for April 7, 2014. AFP PHOTO/Francois Laplante Delagrave (Photo credit should read Francois Laplante Delagrave/AFP/Getty Images)

À New York pour participer au sommet de l'ONU sur le climat, le premier ministre québécois Philippe Couillard a dû défendre la décision de son gouvernement de subventionner la mégacimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie.

M. Couillard a été invité à expliquer comment Québec peut vanter son bilan énergétique tout en investissant près d'un demi-million de dollars dans un projet, qui produira 2 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année. Mais selon lui, « c'est un faux débat que de mettre en opposition le développement économique et la lutte aux changements climatiques ».

Le premier ministre du Québec a défendu la création d'emplois de qualité pour les Gaspésiens et fait valoir que, de toute façon, avec le marché du carbone, son gouvernement « met la responsabilité sur les épaules des émetteurs, en particulier de cette cimenterie, qui aura le choix de continuer à payer année après année pour des crédits de carbone aux dépens de ses profits ou d'innover avec de nouvelles sources d'énergie. »

Philippe Couillard affirme que la cimenterie de Port-Daniel est déjà en réflexion pour améliorer son bilan énergétique, ce qui « montre la puissance de l'outil » qu'est le marché du carbone, dont il entend défendre les mérites dans le cadre du sommet.

Ce matin, Philippe Couillard a rencontré les autorités portuaires de la métropole américaine. Un peu plus tard dans la journée, le premier ministre devait participer à des discussions sur le climat, aux côtés dusecrétaire d'État américain, John Kerry, et du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

M.Couillard prononcera mardi un discours devant la Foreign Policy Association,où il présentera la vision économique du Québec. Il doit entre autres promouvoir le projet libéral du Plan Nord.

Absence remarquée du Canada

Le sommet sur le climat, présidé par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, réunit des intervenants du milieu de l'environnement et plus d'une centaine de chefs d'État, dont le président américain, Barack Obama.

L'absence remarquée du premier ministre du Canada, Stephen Harper, à ce sommet a été critiquée notamment par le président de Virgin, Richard Branson, très impliqué dans la cause environnementale.

Cette absence a également été dénoncée à la Chambre des communes, à Ottawa, où les partis d'opposition ont critiqué fermement la décision du premier ministre Stephen Harper et ont mitraillé les conservateurs de questions à ce sujet.

Le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a déclaré que l'absence du premier ministre était une source de « honte » pour les Canadiens, alors que les libéraux ont lancé de leur côté que Stephen Harper était probablement « gêné » de participer à l'événement en raison du piètre bilan conservateur en matière d'environnement.

En réponse à ces critiques, les troupes conservatrices ont déclaré que leur gouvernement, tout en faisant rouler l'économie, mettait en oeuvre des actions concrètes pour protéger l'environnement.

M. Harper a plutôt délégué à New York sa ministre de l'Environnement, Leona Aglukkaq, qui a confirmé aujourd'hui l'intention d'Ottawa d'imposer de nouvelles limites d'émissions de GES pour les voitures et les camions, en s'inspirant de celles imposées aux États-Unis

Dimanche, plus de 300 000 personnes ont manifesté à New York pour dénoncer le manque d'action des gouvernements en matière de changements climatiques. Des manifestations similaires ont eu lieu un peu partout dans le monde.

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