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L'État islamique et Al-Qaïda visés par les frappes de la coalition en Syrie

22/09/2014 10:56 EDT | Actualisé 23/09/2014 06:35 EDT
ASSOCIATED PRESS
FILE - This Aug. 18, 2014 file photo shows President Barack Obama speaking in the James Brady Press Briefing Room in the White House in Washington. President Barack Obama urged West Africans on Tuesday to wear gloves and masks when caring for Ebola patients or burying anyone who died of the disease. He also discouraged the traditional burial practice of directly touching the body of someone who died of Ebola, which is one way the disease has been spreading in the region. (AP Photo/Susan Walsh, File)

La coalition dirigée par les Etats-Unis a mené mardi des raids aériens et des attaques aux missiles contre des positions du groupe Etat islamique (EI) dans le nord et l'est de la Syrie, le pouvoir syrien disant avoir été informé par Washington avant cette opération.

Les frappes ont également visé le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda classée comme organisation "terroriste" par Washington, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), en affirmant que 30 membres de ce groupe avaient été tués.

Le Pentagone a précisé que les frappes avaient été menées "au moyen d'avions de chasse, de bombardiers et de missiles Tomahawk" tirés depuis des navires en mer Rouge et dans le Golfe. Cinq "nations partenaires" moyen-orientales -Jordanie, Bahreïn, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis- "ont participé ou appuyé" ces frappes. La Jordanie a confirmé sa participation.

Selon un responsable du Pentagone, les raids ont principalement visé des positions de l'EI à Raqa (nord), de facto le centre du pouvoir de l'organisation, ainsi que des cibles sur la frontière, très poreuse, entre la Syrie et l'Irak.

L'OSDH a fait état de près de 20 frappes et attaques aux missiles dans la ville de Raqa et près des localités de Tabqa, Aïn Issa et Tall Abyad, située dans la province éponyme.

Selon l'ONG, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales en Syrie, plus de 20 jihadistes ont péri dans des raids sur deux positions de l'EI dans la province de Raqa, qui ont "détruit complètement leurs véhicules".

Un militant dans la ville de Raqa, qui se fait appeler Abou Youssef, a indiqué à l'AFP via internet que les frappes avaient touché l'ancien siège du gouvernorat, devenu un siège de l'EI. "Il y a eu un grand incendie et des explosions car ce lieu est probablement utilisé comme dépôt d'armes", selon lui.

Dans l'est syrien, la coalition a mené 22 frappes sur la région de Boukamal, frontalière de l'Irak, et située dans la province pétrolière de Deir Ezzor, selon l'OSDH et des militants. Huit autres frappes ont visé d'autres positions dans la province de Deir Ezzor.

"Les explosions étaient très puissantes", a déclaré Assi al-Hussein, militant antirégime sur place à Boukamal.

En outre, trois frappes ont visé la ville de Chaddadé dans la province de Hassaka (nord-est), selon l'OSDH.

A Damas, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que son gouvernement avait été informé par les Etats-Unis avant le lancement des frappes.

"Les Américains ont informé hier (lundi) le représentant de la Syrie auprès des Nations unies que des frappes allaient être menées contre l'organisation terroriste Etat islamique à Raqa", a indiqué le ministère cité par la télévision d'Etat.

Celle-ci a ensuite fait état des frappes contre l'EI à Raqa en montrant des images prises sur un écran radar et vraisemblablement montrant les raids.

Le 25 août, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem avait prévenu que toute frappe sans coordination avec Damas serait considérée comme un "acte d'agression". Les Etats-Unis appuient la rébellion modérée contre le régime de Bachar al-Assad qu'ils considèrent comme "illégitime".

L'aviation du régime a commencé ces derniers mois à frapper des positions de l'EI après des attaques du groupe contre ses bases notamment à Raqa qui ont fait plusieurs dizaines de morts parmi les soldats.

Le conflit en Syrie a été marqué en 2014 par l'essor de l'EI, un groupe extrémiste sunnite qui a proclamé fin juin un califat sur les régions conquises à cheval dans ce pays et en Irak, où il est visé depuis le 8 août par des frappes américaines.

Ce conflit a été déclenché par la répression sanglante en mars 2011 de manifestations pacifiques contre le régime, poussant à la rébellion armée qui a dégénéré au fil des mois en guerre généralisée.

La montée en puissance des jihadistes de l'EI mais aussi d'Al-Nosra a affaibli la rébellion syrienne face au régime.

En décembre 2013, le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, avait annoncé qu'Al-Nosra était sa branche officielle en Syrie. Cette organisation se bat contre l'EI et avec les rebelles syriens contre le régime Assad.

L'État islamique en 7 points