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Les Fahmy fondent beaucoup d'espoir sur le passage de Stephen Harper à l'ONU

22/09/2014 02:46 EDT | Actualisé 22/11/2014 05:12 EST

La famille de Mohamed Fahmy espère que la réunion de l'Assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine permettra aux leaders du Canada et de l'Égypte de discuter du cas du journaliste canado-égyptien condamné à sept ans de prison au Caire.

Le premier ministre Stephen Harper et le président égyptien, Abdel-Fatah el-Sissi, doivent participer tous les deux à l'Assemblée générale des Nations unies. Selon la famille de M. Fahmy, il s'agit là d'une rare occasion pour les deux hommes de discuter face à face.

M. Fahmy, journaliste au service anglais du réseau Al-Jazeera, a été condamné plus tôt cette année à sept ans de prison pour avoir soutenu les Frères musulmans du président déchu Mohammed Morsi, groupe interdit en Égypte, et pour fabrication de faux reportages qui auraient porté atteinte à la sécurité nationale. Deux de ses collègues — un Australien et un Égyptien — ont aussi été condamnés dans cette affaire. M. Fahmy a depuis porté son jugement en appel, mais la cause est au point mort depuis le mois d'août, selon son frère Adel.

La famille n'espère pas que le premier ministre Harper demandera à New York la libération immédiate du journaliste — même si c'est ce que ses proches souhaitent ultimement. Ils voudraient cependant que Stephen Harper — ou l'un de ses ministres — fasse pression sur les hauts responsables égyptiens afin que la cause soit entendue rapidement en appel par les tribunaux. Ils aimeraient aussi que les dirigeants canadiens demandent que Mohamed Fahmy soit libéré sous conditions, pour cause de santé, en attendant la suite des procédures — ce qu'il a demandé formellement en juin, sans obtenir de réponses.

M. Fahmy est atteint du virus de l'hépatite C, et souffre de douleurs chroniques résultant d'une blessure au bras droit subie juste avant son arrestation, et dont il ne s'est jamais complètement remis en prison.

Cette requête survient cependant alors que le président égyptien a réitéré, en fin de semaine dernière, qu'il ne peut intervenir dans une affaire judiciaire. M. El-Sissi, qui a pris le pouvoir en juin, a soutenu que s'il avait été président au moment de l'arrestation des trois journalistes, le 29 décembre 2013, il aurait simplement demandé leur extradition, avant même la tenue d'un procès. Mais si on souhaite que l'Égypte dispose d'un système judiciaire indépendant, a-t-il dit, on ne peut demander du même souffle que le politique intervienne au tribunal.

Le président n'a pas évoqué, par ailleurs, s'il accorderait son pardon aux trois journalistes une fois l'appel entendu par le tribunal.

M. Fahmy, venu s'installer avec ses parents au Canada en 1991, a vécu plusieurs années à Montréal puis à Vancouver, avant de devenir correspondant à l'étranger, notamment pour le New York Times et le réseau CNN.

L'initiative des Fahmy a reçu l'appui de l'organisme Journalistes canadiens pour la liberté d'expression, qui a écrit au premier ministre Harper afin de le presser de profiter de sa présence à l'ONU pour militer, sur une tribune internationale, en faveur des droits de la personne et des valeurs démocratiques.

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