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L'armée américaine a commencé les frappes aériennes contre l'ÉI en Syrie

22/09/2014 10:09 EDT | Actualisé 22/11/2014 05:12 EST

WASHINGTON - Les frappes aériennes américaines et arabes contre le groupe État islamique en Syrie ont montré aux djihadistes que leurs attaques sauvages ne resteront pas sans réplique, a estimé mardi le chef d'état-major des États-Unis.

Les États-Unis et cinq pays arabes ont frappé lundi soir le quartier général du groupe islamiste dans l'est de la Syrie à l'aide de nombreux missiles, dont des missiles de croisière Tomahawk lancés depuis des navires dans la mer Rouge et le nord du golfe Persique.

Le chef d'état-major des États-Unis, le général Martin Dempsey, a expliqué que ces frappes visaient à démontrer à l'organisation État islamique qu'elle n'est en sécurité nulle part. Il a fait ces commentaires devant une poignée de journalistes, à bord d'un avion qui rentrait à Washington après une visite d'une semaine en Europe.

Les États-Unis ont expliqué que cinq pays arabes — l'Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, la Jordanie et les Émirats arabes unis — ont participé activement aux frappes aériennes ou ont fourni des appuis non spécifiés. Le général Dempsey a précisé que leur contribution a été inestimable pour affaiblir le groupe État islamique et pour démontrer qu'il ne s'agit pas uniquement d'un combat américain.

Il a ajouté que cette coalition sans précédent avec des partenaires arabes ouvre la porte à une campagne internationale plus large pour lutter contre les extrémistes.

Les frappes ont débuté vers 20 h 30. Les États-Unis ont tiré 47 missiles Tomahawk depuis le USS Arleigh Burke et le USS Philippine Sea, qui se trouvaient en eaux internationales dans le mer Rouge et le nord du golfe Persique. Des appareils de l'armée de l'air, de la Navy et des Marines ont aussi été utilisés, tout comme des drones et des bombardiers.

Un responsable américain a révélé mardi qu'environ 200 missiles ont été lancés contre une douzaine de cibles. Un autre a prévenu que ce premier assaut marquait le début d'une campagne qui pourrait durer «plusieurs années».

Plusieurs heures après que le Pentagone ait annoncé les frappes aériennes contre l'organisation État islamique, le Commandement central des États-Unis a fait savoir que huit autres frappes aériennes avaient contré une «attaque imminente» que préparaient des militants expérimentés d'Al-Qaïda contre des cibles américaines et occidentales. Ces militants, parfois connus sous le nom de «groupe Khorasan», se sont installés en Syrie.

Aucun autre détail n'a été fourni, à part le fait que ces frappes ont été menées par des avions américains à l'ouest de la ville d'Alep, en Syrie, notamment à Raqqa. Des camps d'entraînement, une usine de fabrication d'armes et d'explosifs, un centre de communication et des postes de commandement ont été attaqués.

Des militants confirment que les frappes ont touché des objectifs à Raqqa, en périphérie de la ville et ailleurs dans la province du même nom. Raqqa est la capitale autoproclamée du groupe État islamique en Syrie.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, a évoqué des pertes de vie du côté des militants, sans fournir de bilan précis. Des missiles seraient aussi tombés à Tabqa, Ein Issa, Tel Abyad et Kfar Derian. Des civils pourraient avoir été tués.

La Syrie prétend que Washington, par l'intermédiaire de l'ONU, l'avait prévenue de l'imminence de ces frappes, mais les États-Unis n'ont pas commenté cette affirmation.

Le ministère russe des Affaires étrangères a prévenu mardi que des frappes «unilatérales» risquaient de déstabiliser la région. «La lutte contre les terroristes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord nécessite les efforts coordonnés de toute la communauté internationale sous l'égide de l'ONU», a indiqué le ministère par voie de communiqué.

Un enregistrement audio mis en ligne par le groupe État islamique dimanche appelle à l'assassinat de ressortissants des pays, dont le Canada, membres de la coalition assemblée par les États-Unis.

Une cellule de la branche nord-africaine d'al-Qaïda qui a joint les rangs du groupe État islamique (ÉI) a enlevé un Français et menacé lundi de le tuer dans les 24 prochaines heures si la France ne retirait pas sa participation aux frappes aériennes contre l'ÉI.

Dans une vidéo, le groupe Jund al-Khilafah dit qu'il répond aux appels du porte-parole de l'ÉI Abou Mouhammad Al-Adnani, qui a demandé à ses fidèles de s'en prendre aux Américains et aux Européens.

Les frappes font partie d'une campagne militaire élargie que le président Barack Obama a autorisée il y a près de deux semaines, dans le but de neutraliser les militants de l'ÉI, qui ont tué des milliers de personnes, pris en otage des Occidentaux, décapité deux journalistes américains, et pris le contrôle de larges pans de territoire en Syrie et en Irak.

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