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Dernier jour de confinement en Sierra Leone: le mécontentement se fait sentir

21/09/2014 08:52 EDT | Actualisé 21/11/2014 05:12 EST

FREETOWN, Sierra Leone - Des résidants frustrés se sont plaints du manque de nourriture dans certains quartiers de la capitale de la Sierra Leone, dimanche, alors que le pays vivait le troisième et dernier jour d'un confinement sans précédent visant à freiner la progression de l'épidémie d'Ebola.

Bien que la plupart des résidants aient accueilli sans problème les travailleurs de la santé et les volontaires venus leur communiquer des informations sur la maladie, la rumeur courait dans certains quartiers que du savon empoisonné était distribué, ce qui laisse croire que la campagne d'éducation n'a pas parfaitement fonctionné.

Les rues de la capitale, Freetown, étaient de nouveau désertes dimanche, conformément à l'ordre donné aux six millions de citoyens du pays de rester à la maison pendant trois jours. Le confinement est entré en vigueur vendredi et devait prendre fin dimanche soir.

Le virus Ebola a déjà fait plus de 560 morts en Sierra Leone et plus de 2600 en Afrique de l'Ouest, dans ce qui constitue la pire épidémie jamais enregistrée dans le monde.

Le gouvernement sierra-léonais espère que le confinement de la population, la mesure la plus radicale prise jusqu'à maintenant, permettra de renverser la tendance et de prendre le dessus sur la maladie.

À Freetown, certaines rumeurs laissaient entendre que le gouvernement pourrait prolonger le confinement, mais le porte-parole du gouvernement, Abdulai Bayraytay, a indiqué dimanche après-midi qu'aucune décision n'avait été prise en ce sens.

Les travailleurs de la santé ont profité du confinement pour enterrer 71 corps de personnes infectées dimanche matin, a indiqué un responsable du ministère de la Santé à la radio. Les corps des victimes de l'Ebola sont hautement contagieux et doivent être enterrés de façon appropriée pour éviter la propagation de la maladie.

À Bonga Town, un bidonville situé près du stade national à Freetown, des résidants se sont plaints que les rations de riz n'étaient distribuées qu'à certaines familles, a indiqué Samuel Turay, un volontaire âgé de 21 ans.

«Quand ils nous ont vus arriver, ils pensaient que nous apportions de la nourriture, mais malheureusement, nous sommes seulement venus leur parler. Alors ils n'étaient pas contents», a expliqué le jeune homme.

Les résidants les plus pauvres de la ville gagnent généralement juste assez d'argent chaque jour pour payer leur nourriture quotidienne, et ils n'ont pas été en mesure de faire des provisions pour trois jours en prévision du confinement, a expliqué Miatta Rogers, une mère de famille vivant dans l'ouest de Freetown.

«Les choses ne vont pas très bien en ce moment. Certains ne sont pas contents», a-t-elle affirmé. «Quand le gouvernement prend une décision comme celle-ci, nous devons tous obéir, mais ce n'est vraiment pas facile.»

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni des rations de nourriture durant le confinement, mais les distributions ne se sont pas faites de porte en porte. Elles visaient principalement les résidences placées en quarantaine par les équipes médicales, a indiqué dimanche un porte-parole de l'organisation, Alexis Masciarelli.

Il a souligné que le PAM avait distribué des rations pour deux semaines à quelque 20 000 ménages des bidonvilles, juste avant le début du confinement.

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