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Afghanistan: entente conclue entre les deux candidats présidentiels

21/09/2014 04:45 EDT | Actualisé 20/11/2014 05:12 EST

KABOUL - L’imbroglio présidentiel afghan est maintenant résolu, trois mois après un 2e tour de scrutin controversé et contesté.

Les deux candidats présidentiels, l’ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, et Ashraf Ghani Ahmadzaï, un ancien ministre des Finances et responsable de la Banque mondiale, ont signé un accord de partage du pouvoir pour former un gouvernement d’unité nationale.

M. Ahmadzaï deviendra président alors que M. Abdullah dirigera un nouveau bureau de chef de l’exécutif, comme le souhaitaient les États-Unis et le secrétaire d’État américain John Kerry. Il s'agit d'ailleurs d'une victoire pour M. Kerry, qui a d'abord réussit à convaincre les deux adversaires de partager le pouvoir au cours d'une visite en juillet. Il est ensuite retourné à Kaboul en août et a passé plusieurs heures avec chacun des candidats, y compris lors de nombreuses conversations téléphoniques.

La Maison-Blanche a, par voie de communiqué, salué l'entente et les deux dirigeants, affirmant que l'accord permettait de mettre fin à la crise politique afghane.

Le président sortant Hamid Karzaï, en poste depuis 2001, était présent lors de la signature de l’entente.

«Je suis très heureux, aujourd'hui, que mes deux frères, les Dr Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, dans un accord pour l'avantage de ce pays, pour le progrès et le développement de ce pays, aient accepté une structure affirmant le nouveau gouvernement de l'Afghanistan», a-t-il déclaré après la séance de signature.

Plusieurs craignaient une flambée de violence si les négociations n’avaient pas abouti.

Au dire de Jan Kubis, la plus importante responsable onusienne en Afghanistan, l'incertitude des derniers mois a eu un effet délétère sur la sécurité, l'économie et la gouvernance nationale.

L'accord de partage des pouvoirs, long de quatre pages, clarifie la relation entre le président et le nouveau poste de chef de l'exécutif — l'équivalent d'un premier ministre —, en séparant entre autres les pouvoirs de la nouvelle fonction: participer aux rencontres bilatérales avec le président, exécuter des tâches administratives sous décret présidentiel, et occuper un poste paritaire dans la sélection de candidats pour des postes essentiels au sein des ministères touchant à la sécurité et à l'économie.

En bref, l'entente spécifie que le président dirige le cabinet, mais que le chef de l'exécutif s'occupe de la mise en place des politiques gouvernementales. Une cérémonie d'inauguration est prévue d'ici quelques jours. Le porte-parole de M. Abdullah, Fazel Sancharaki, a fait savoir que celle-ci pourrait être tenue le 29 septembre. Quant à la commission électorale, elle publiera plus tard, dimanche, les résultats définitifs du second tour de la présidentielle.

M. Abdullah croit qu'il a remporté le premier tour avec plus de 50 pour cent des votes, ce qui lui aurait permis d'éviter un deuxième tour, mais les résultats officiels lui attribuent plutôt 45 pour cent des voix au sein d'un bassin de 10 candidats. Le futur chef de l'exécutif croit également qu'il a vaincu M. Ahmadzaï lors du second tour, mais, encore une fois, les résultats officiels donnaient ce dernier vainqueur.

Après recomptage, la commission électorale a invalidé près d'un million de votes sur les 8,1 millions de voix déposées lors du second tour, confirmant que la fraude était effectivement très répandue.

Un accord de partage des pouvoirs avait été pratiquement conclu la semaine dernière, mais M. Abdullah a alors exigé que les résultats du recomptage ne soient pas divulgués. Selon lui, la fraude était si sophistiquée qu'elle en était indétectable.

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