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Turquie: 49 otages prisonniers de l'État islamique ont été libérés

20/09/2014 11:32 EDT | Actualisé 20/11/2014 05:12 EST

ANKARA, Turquie - Près d'une cinquantaine d'otages turcs faits prisonniers par l'État islamique (EI) en Irak ont été libérés samedi, mettant fin à une grave crise souvent invoquée par des responsables turcs pour éviter d'agir sur le plan militaire contre le groupe obscurantiste.

Les 49 otages avaient été capturés au consulat turc de Mossoul, le 11 juin, lorsque l'EI a pris le contrôle de la ville dans son offensive-éclair lui ayant permis de s'emparer de vastes pans de territoire en Irak et en Syrie. Mais les circonstances de leur libération — qui a poussé des gens à se réunir, drapeaux dans les mains, à l'aéroport de la capitale turque — sont entourées de mystère.

Les leaders turcs n'ont donné que peu de détails sur cette libération, et les otages ont refusé de répondre à presque toutes les questions de la presse lorsqu'ils sont arrivés à l'aéroport d'Ankara vers midi, samedi. Selon l'agence de presse officielle Anadolu, aucune rançon n'a été versée, et «aucune condition n'a été acceptée en échange de leur retour», mais l'organisation ne cite aucune source pour ces informations.

Au dire du premier ministre Ahmet Davutoglu, la libération est le résultat des «propres méthodes» des services de renseignement et non pas d'une opération des forces spéciales, mais il s'est lui aussi montré avare de détails. Les familles des otages ont franchi le cordon de sécurité et se sont précipitées vers l'avion pour accueillir leurs proches alors que ceux-ci descendaient de l'avion du premier ministre, dont l'arrivée à l'aéroport a été diffusée en direct à la télévision.

Cet événement joyeux contraste avec la récente décapitation de deux journalistes américains et d'un travailleur humanitaire britannique par l'EI. Interrogés par la presse à leur sortie d'avion, des otages ont dit ne pas pouvoir donner tous les détails, mais ont laissé entendre qu'ils avaient subi de mauvais traitements et reçu des menaces de mort.

La Turquie était particulièrement hésitante à se joindre à une coalition pour combattre l'EI, invoquant la sécurité de ses ressortissants, mais Aaron Stein, un spécialiste des politiques sécuritaires turques du Royal United Services Institute, à Londres, dit douter qu'Ankara retourne soudainement sa veste et adopte une position beaucoup plus musclée contre les extrémistes. La Turquie pourrait se sentir plus libre de parler de ses efforts actuels contre le groupe, dit-il, en citant ses tentatives de contrôler la contrebande de pétrole à travers la frontière. Mais il affirme que la Turquie n'ouvrira pas ses bases aériennes aux avions américains envoyés contre les intégristes.

«Il y aura des changements, mais pas autant que voulu par certaines personnes.»

Par ailleurs, cette opération réussie devrait agir comme un baume pour le gouvernement turc. Lors d'un discours enflammé suivant son arrivée à Ankara, M. Davutoglu, flanqué du consul turc anciennement en poste à Mossoul, a saisi l'opportunité pour souligner les succès de la Turquie et s'en prendre aux politiciens de l'opposition.

De son côté, un porte-parole de l'armée irakienne, le lieutenant-général Qassim al-Moussawi, a fait savoir que Bagdad n'avait pas d'information sur la libération des otages, et ne savait pas où ils avaient été détenus, ni même où ils avaient été relâchés.

Trente-deux conducteurs de camions turcs avaient aussi été faits prisonniers à Mossoul, le 6 juin, avant de retrouver la liberté un mois plus tard. Ankara n'avait pas fourni d'informations sur leur libération.

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