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Visite dans un salon de massage : un petit extra avec ça?

20/09/2014 09:30 EDT | Actualisé 20/09/2014 09:30 EDT
Radio-Canada.ca

Il y a plus de 200 salons de massage érotique à Montréal. Certains s'affichent clairement, mais la plupart offrent une vitrine plutôt discrète. Dans le cadre d'un dossier sur la prostitution à Désautels le dimanche, nous sommes allés en observateur dans un salon ouvert 24 heures sur 24.

21 h Dans un quartier de Montréal. Une discrète enseigne sur fond noir indique « massage ». Il pleut. Un soir de semaine bien ordinaire.

Un homme appuie sur le bouton de sonnette, la porte s'ouvre. De l'autre côté du comptoir, la réceptionniste demande à l'homme s'il s'agit de sa première visite. « Non », dit-il. Elle jette un coup d'oeil à son écran. Inscrit sous un pseudonyme, le client est un habitué. Malgré tout, il est mal à l'aise. Jeune professionnel dans la quarantaine, éduqué, il sait très bien qu'il y a quelque chose d'un peu particulier à être ici. Famille, blonde, collègues de travail ne savent certainement pas qu'il se permet quelques écarts à sa vie quotidienne, un mardi soir pluvieux, le temps d'une séance.

La réceptionniste tente de le mettre à l'aise. Elle confirme qu'il a rendez-vous avec Cindy, une petite blonde de cinq pieds et deux pouces, d'origine suédoise. Gabarit 36DD naturel, indique la page web du site. « Un très bon choix », indique-t-elle. Le client est dirigé vers la salle numéro trois. La porte se ferme. La douche est activée. Cindy ira le rejoindre quelques minutes plus tard en petite tenue.

21 h 17 Un homme se présente au comptoir. Il demande si Mélanie travaille ce soir. « Elle sera là demain », répond la réceptionniste. « Vous voulez prendre rendez-vous? » Il hésite. Des claquements montent en crescendo de la salle numéro trois. Léger malaise. L'homme dit qu'il va repasser.

21 h 20 Un autre client se présente à la porte. La réceptionniste le reconnaît. La dernière fois, les filles l'ont refusé parce qu'il sentait trop mauvais. Habituellement, les masseuses sont obligées de prendre tous les clients. À défaut de quoi, elles doivent verser 100 $ au propriétaire du salon. Une règle rigoureusement appliquée par la réceptionniste. Même si la dernière fois, elle a fermé les yeux. Les filles avaient raison; le client était vraiment malpropre.

La réceptionniste le fait entrer. L'homme semble avoir appris de sa dernière mésaventure : « Je vais tout de suite prendre une petite douche ». Elle lui montre la salle numéro quatre. Ce sera Katy, une nouvelle, qui prendra le client. Il choisit la séance de 30 minutes, la plus économique : 40 $ pour la location de la salle, et 60 $ pour la masseuse sans extra, ce qui signifie un massage offert nu, sans toucher de la part du client, avec un « happy ending ».

21 h 30 Tout est calme. Une musique tantrique joue en sourdine. La réceptionniste passe un coup de vadrouille sur les tuiles de céramique et vaporise un petit coup de désodorisant à la noix de coco dans l'air pour chasser l'humidité. Voilà, l'endroit est propre.

21 h 32 Le téléphone sonne. C'est l'homme de tantôt qui confirme son rendez-vous du lendemain avec Mélanie.

21 h 40 Nouveau crescendo de claquements en provenance de la salle numéro trois. Le téléphone sonne. Au bout du fil, l'homme veut savoir combien de filles sont disponibles. Trois, puisque Cindy et Katy sont occupées avec des clients. Elle invite l'homme à visiter le site web.

21 h 50 Le client de la salle numéro quatre sort avec Katy. Il est ravi : « Ma petite fleur, je veux la marier! » La nouvelle masseuse, qui travaille là depuis quelques jours, a passé le test. Après avoir fait la bise à son client, elle s'éclipse derrière le rideau et retourne à la salle où attendent les autres filles.

22 h 10 Le client de la salle numéro trois a terminé avec Cindy. La blonde suédoise - qui est plutôt une Québécoise ayant fait un voyage en Scandinavie - l'accompagne jusqu'à la sortie. Elle lui fait la bise en lui souhaitant bonne nuit.

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