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Le président de l'Égypte n'interviendra pas dans le cas du journaliste canado-égyptien

20/09/2014 07:37 EDT | Actualisé 20/09/2014 07:37 EDT
CP

Le président de l'Égypte ne peut intervenir auprès des tribunaux de son pays dans le dossier d'un journaliste canado-égyptien emprisonné.

En entrevue à l'Associated Press, Abdel-Fattah Al-Sissi a confié que s'il avait été au pouvoir au moment où Mohamed Fahmy et ses deux confrères anglophones du réseau Al-Jazira ont été arrêtés, il les aurait tout simplement déportés au lieu de permettre à l'affaire d'aller en procès.

Mais M. Al-Sissi, qui a été élu en juin, note que si l'Égypte veut se doter d'un système judiciaire indépendant, son gouvernement « ne peut accepter les critiques ou les commentaires sur les décisions issues des tribunaux ».

Il n'a pas voulu dire s'il accorderait le pardon aux trois hommes une fois que le processus lié à leur requête en appel sera complété.

Fahmy travaillait pour le réseau anglais d'Al-Jazira, au Qatar, lorsque lui, le correspondant australien Peter Greste et le producteur égyptien Baher Mohamed ont été arrêtés, le 29 décembre dernier. Les trois hommes ont été accusés d'avoir appuyé les Frères musulmans de l'ancien président Mohamed Morsi, qui a été renversé en 2013 à la suite d'un coup d'État. Ils ont aussi été accusés d'avoir fabriqué des images pour miner la sécurité nationale de l'Égypte.

Les journalistes ont nié les accusations déposées contre eux, affirmant qu'ils ne faisaient que leur travail.

Fahmy et Greste ont été reconnus coupables et condamnés à sept ans de prison chacun, tandis que Mohamed a écopé une peine d'emprisonnement de dix ans. En annonçant sa décision, le juge avait déclaré que les trois journalistes avaient été réunis « par le diable » pour déstabiliser le pays.

De nombreux observateurs ont dénoncé le procès, le qualifiant d'imposture, et les verdicts ont fait l'objet de critiques sur la scène internationale.

Selon le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, la « diplomatie par porte-voix » ne mènera pas à la libération de Fahmy. Il a mentionné que le Canada évalue toutes les avenues judiciaires pour assurer sa remise en liberté.

Fahmy a déménagé au Canada avec sa famille en 1991. Il a vécu à Montréal et à Vancouver pendant plusieurs années avant de déménager à l'étranger pour son travail, grâce auquel il a couvert des événements pour le compte du New York Times et de CNN.