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Deuxième semaine de grève pour les pilotes d'Air France

20/09/2014 09:38 EDT | Actualisé 20/09/2014 09:38 EDT
Canadian Pacific/Flickr
Boeing 777-200. Air France and KLM Royal Dutch Airlines have been a single company for a number of years, hence the Air France KLM lettering just below the flight deck windows. While Toronto is generally a bigger air travel market than Montreal (within Canada) for most airlines, not so for Air France. Air France has 3 daily Paris-Montreal-Paris flights, but just one daily Paris-Toronto-Paris flight. This is flight AF356 Paris Charles de Gaulle to Toronto Lester B. Pearson.

Le principal syndicat de pilotes d'Air France, opposé au projet de développement d'une filiale à bas coût de la compagnie aérienne, a annoncé samedi la reconduction de leur grève, pour une deuxième semaine, jusqu'à vendredi.

Interrogés par référendum, les pilotes du syndicat majoritaire (SNPL AF Alpa) ont voté à 80,93% pour la prolongation du mouvement, qui a démarré le 15 septembre, le taux de participation étant à un niveau "historique" de 73,71%, a annoncé à l'AFP le président du syndicat, Jean-Louis Barber.

De son côté, le deuxième syndicat de pilotes à Air France (Spaf) avait déjà décidé vendredi d'étendre de deux jours son préavis de grève reconductible.

Le SNPL a donc décidé "la poursuite du mouvement, initialement jusqu'au 26 septembre inclus", selon Jean-Louis Barber, n'excluant pas que le mouvement se poursuive au-delà si la situation de "blocage" avec la direction persistait.

Le syndicat majoritaire en a appelé au Premier ministre Manuel Valls en réitérant sa demande de le rencontrer, espérant qu'il "aura à coeur de s'intéresser à la sauvegarde de l'emploi français".

Manuel Valls avait appelé mercredi les pilotes à "arrêter" leur grève, qui n'est selon lui "pas comprise".

Air France avait pour sa part "déploré" dès vendredi soir la poursuite éventuelle de la grève, le PDG de la compagnie, Frédéric Gagey, regrettant que les "propositions concrètes" faites aux pilotes "n'aient trouvé aucune réponse raisonnable à ce jour".

La compagnie a annoncé qu'elle prévoyait d'assurer dimanche 38% de ses vols contre 45% samedi, évaluant le taux de grévistes à 65% pour cette journée contre 60% samedi.

Craintes de 'dumping social'

Dans les aéroports français, les taux d'annulation restaient importants samedi dans certaines villes comme Marseille (sud), avec 81% des vols Air France annulés, Toulouse (sud-ouest) avec 65% des vols annulés au départ ou Lille (nord) avec 50% (et 100% d'annulations prévues pour dimanche), Lyon (43%) et Strasbourg (40%).

La compagnie aérienne à bas coûts Easyjet a annoncé qu'elle mettait en place des vols supplémentaires sur les liaisons Paris-Toulouse, Paris-Nice et Lyon-Toulouse, représentant "plus de 2 000 sièges supplémentaires".

Le conflit se cristallise autour de la low cost du groupe, Transavia, dont Air France-KLM veut développer la flotte pour faire face à la concurrence.

Selon M. Barber, "le projet de délocalisation de la direction est désormais avéré, puisqu'elle demande que Transavia Europe, compagnie de droit étranger, touche le sol français". Il a décrit le SNPL comme "un syndicat responsable, qui est aujourd'hui trahi par le management".

Les projets d'Air France suscitent en effet chez les pilotes des craintes de "dumping social" et de "délocalisations" au détriment des emplois français.

Après avoir proposé mardi de limiter temporairement l'extension de Transavia à 30 avions en France jusqu'en 2019, Air France a mis sur la table mercredi une deuxième offre : conclure avec les syndicats un accord délimitant les activités de Transavia.

Une proposition "largement insuffisante", pour M. Barber et "pas acceptable" pour le Spaf.

Faute d'avancées dans les discussions, le ton est monté dans la semaine.

"J'en viens à me demander s'il y a vraiment (chez les syndicats) une volonté de négocier", a observé jeudi le PDG d'Air France KLM, Alexandre de Juniac, en rappelant que la grève coûte chaque jour "10 à 15 millions d'euros" à la compagnie qui "sort à peine la tête de l'eau".

Le PDG a repoussé la demande des syndicats d'un contrat de pilote unique pour les gros avions de toutes les compagnies du groupe et les discussions ont pris des airs de dialogue de sourds.

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