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Afghanistan: les résultats de la présidentielle seront dévoilés dimanche

20/09/2014 10:26 EDT | Actualisé 20/11/2014 05:12 EST

KABOUL - L'imbroglio présidentiel afghan pourrait bien prendre fin prochainement.

Près de six mois après le premier tour du scrutin, la commission électorale a fait savoir samedi qu'elle annoncerait dimanche les résultats révisés du deuxième tour tenu en juin entre les deux principaux adversaires. Des responsables électoraux afghans et onusiens ont passé des semaines à revoir les résultats après des allégations de fraude, une situation récurrente lors des deux précédentes élections présidentielles dans le pays.

Mais malgré un recomptage et une vérification supplémentaire, la course suspendue ne semble pas se diriger vers un décompte exact des voix. Ce sont plutôt d'intenses et délicates négociations qui scelleront le sort de la structure politique du pays.

Très simplement, les discussions opposent les partisans du Nord appuyant l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah à ceux du Sud et de l'Est, des Pachtounes, s'étant regroupés autour d'Ashraf Ghani Ahmadzaï, un ancien ministre des Finances et responsable de la Banque mondiale.

Le président sortant Hamid Karzaï n'a pas participé samedi à une cérémonie commémorative en l'honneur d'un ex-président défunt pour préparer ce qui pourrait être les négociations finales dans le but de mettre sur pied un gouvernement d'unité nationale.

Les deux candidats discutent d'un accord qui diviserait les responsabilités entre le président et un nouveau bureau du chef de l'exécutif. Ces négociations traînent depuis des semaines, et ce malgré deux visites du secrétaire d'État américain John Kerry et plusieurs appels de suivi.

M. Ahmadzaï serait en avance dans les résultats du second tour, avec environ 55 pour cent des votes, bien que les deux candidats disent être engagés à partager le pouvoir, et ce sans égard aux résultats finaux.

L'annonce de la publication du total révisé des voix semble contrevenir à une demande de M. Abdullah, soit que ces résultats ne soient pas publiés en raison, dit-il, du fait que des fraudes indétectables les invalident. L'ancien ministre des Affaires étrangères désire que le chef de l'exécutif préside les rencontres du cabinet, et que les deux candidats approuvent la nomination des postes gouvernementaux à responsabilité élevée. Pour son opposant, ce serait plutôt au président de diriger les rencontres du cabinet.

Washington, de son côté, fait pression pour que l'affaire se règle, et ce afin que le nouveau président puisse signer une entente de sécurité permettant que 10 000 soldats américains demeurent dans le pays après la fin des opérations de combat, à la fin de l'année. Plusieurs craignent une flambée de violence si les négociations n'aboutissent pas.

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