POLITIQUE

Référendum en Écosse: le Canada devra respecter le 50+1, dit Bédard

19/09/2014 01:33 EDT | Actualisé 19/09/2014 01:40 EDT
PC

QUÉBEC - Le chef intérimaire du PQ a refusé vendredi de voir dans l'échec du Oui écossais un recul pour le mouvement souverainiste québécois.

«Leur victoire n'aurait pas été la nôtre et leur défaite non plus», a dit Stéphane Bédard en entrevue.

Jeudi, les électeurs écossais ont rejeté l'idée de la souveraineté dans une proportion de 55%.

Malgré cela, Stéphane Bédard préfère se concentrer sur les points positifs de la campagne référendaire en Écosse. «Ce qui est très bien pour nous, c'est de voir la règle du 50% plus un respectée, sans contestation», dit-il, en référence à la Loi sur la clarté référendaire adoptée par le gouvernement Chrétien après le référendum de 1995.

Le Canada «est tout seul dans sa cour à dire des folies», ajoute le leader souverainiste.

Stéphane Bédard ajoute que le débat en Écosse s'est fait «dans la sérénité et de façon constructive». «Je salue la façon que ça s'est fait, dit-il. C'est inspirant.»

«Et en plus, le Royaume-Uni a respecté la loi. Ce que le Canada n'a pas fait dans le cadre du référendum de 1995», ajoute Stéphane Bédard.

Le PQ pourrait également s'inspirer du Scottish National Party et développer son argumentaire économique en vue d'une prochaine démarche référendaire. «On a un discours économique [...], mais je pense qu'on a intérêt à le développer encore plus», dit Stéphane Bédard.

Les souverainistes pourraient ainsi contrer les «campagnes de peur» des fédéralistes, selon lui.

«Il faut faire comprendre de façon concrète ce qu'il va se passer après», dit-il. Stéphane Bédard rappelle que Pauline Marois prévoyait la publication d'un livre blanc sur l'avenir du Québec, à l'image de celui publié par le SNP.

Couillard et la constitution

Lors d'un point de presse vendredi matin sur le résultat du référendum écossais, Philippe Couillard a affirmé qu'il n'initierait pas une démarche pour inclure le Québec dans la constitution canadienne. Le premier ministre a dit préférer attendre qu'une autre province propose d'ouvrir la constitution, notamment sur la question autochtone ou le sénat, afin de ne pas placer le Québec dans une position de faiblesse.

En campagne électorale, Philippe Couillard avait d'abord proposé d'initier une nouvelle ronde constitutionnelle, avant de reculer.

«La seule province qui n'a pas signé la constitution, c'est le Québec , rappelle Stéphane Bédard. Il pense que c'est l'Île-du-Prince-Édouard qui va proposer des conditions acceptables pour signer la constitution?»

«Il ne sait pas ce qu'il dit, malheureusement. La première fois, il a dit qu'il était prêt à signer, il y a de cela un mois. Il ne comprend pas la situation constitutionnelle. Son amour du Canada l'aveugle face à ses responsabilités de premier ministre du Québec.»

Le chef péquiste va même jusqu'à citer en exemple un ex-premier ministre libéral, Robert Bourassa. «M. Bourassa, à l'époque, était quelqu'un, bien que fédéraliste, qui comprenait qu'est-ce que ça représentait être chef de l'État québécois. Monsieur Couillard a encore cet apprentissage à faire.»

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