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Les Écossais rejettent l'indépendance par référendum (PHOTOS/VIDÉO)

17/09/2014 10:43 EDT | Actualisé 19/09/2014 06:38 EDT

Les Ecossais ont voté non à l'indépendance lors d'un référendum historique marqué par une participation massive à hauteur de l'enjeu historique.

Le dépouillement total des 32 circonscriptions écossaises a donné la victoire du non à 55,3%, avec plus de deux millions d'opposants, loin devant le camp du oui à 44,70%, selon les chiffres officiels.

Le résultat constitue une immense déception pour le premier ministre de la région semi-autonome Alex Salmond - qui avait paru effectuer une remontée spectaculaire en fin de campagne - et un énorme soulagement pour le chef du gouvernement central David Cameron "hanté" à la perspective d'un éclatement du Royaume-Uni.

Alex Salmond, 59 ans, a concédé sa défaite dans une déclaration publique à Edimbourg.

"L'Ecosse a décidé, à la majorité, de ne pas devenir un pays indépendant", a-t-il reconnu alors que certains de ses partisans étaient en pleurs.

"J'accepte ce verdict des urnes et j'appelle tous les Ecossais à faire de même et à accepter la décision du peuple", a-t-il ajouté.

Le leader séparatiste peut cependant se targuer d'avoir conquis en cours de campagne une plus large autonomie pour le pays des Scots qu'il dirige depuis sept ans.

Peu avant, David Cameron avait accrédité la victoire du camp du non dans un tweet au responsable de la campagne du non, soutenue par les trois partis traditionnels britanniques (conservateur, libéral-démocrate et travailliste d'opposition) et par une majorité à la City.

"J'ai parlé à Alistair Darling - et je l'ai félicité pour une campagne bien menée", a-t-il dit.

L'intéressé a salué en retour sur son compte "une nuit extraordinaire", depuis Glasgow, la deuxième ville du pays qui a voté oui.

Le scrutin qui s'annonçait très serré, s'est traduit par une participation record de l'ordre de 85%.

Le premier ministre David Cameron avait reconnu en fin de campagne que le scrutin signifiait "la mort du statu quo".

Avec ses alliés gouvernementaux libéraux-démocrates et le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband, il a promis des prérogatives supplémentaires au parlement régional d'Holyrood, en matière fiscale notamment, au cas où les Ecossais renonceraient à l'indépendance.

Le cadeau fait déjà des envieux parmi les Anglais, Gallois et Nord-Irlandais majoritairement unionistes, mais qui sollicitent aussi des compétences élargies.

Une victoire du oui aurait mis le premier ministre en extrême difficulté.

Il devra cependant encore rendre des comptes à ceux qui dans son camp lui reprochent des concessions trop généreuses, et s'employer à favoriser la réconciliation en Ecosse, après une campagne très clivante.

Les chroniqueurs royaux attendaient quant à eux un commentaire de la reine dans l'après-midi depuis son château écossais de Balmoral, dans l'extrême nord-est de l'Ecosse. La reine, inquiète selon son entourage, est restée muette pendant la campagne. La constitution non-écrite du Royaume-Uni l'oblige à la neutralité.

La Bourse de Londres avait anticipé dans la soirée de jeudi un rejet de l'indépendance. "Les investisseurs sont convaincus que les Ecossais vont rester dans l'Union", avait ainsi commenté Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com, tandis que la livre sterling atteignait son plus haut niveau en deux ans face à l'euro.

Seuls les 4,2 millions d'électeurs résidents en Ecosse étaient habilités à voter. Les 95,8% de Britanniques restants, Anglais, gallois et nord-Irlandais, ont été réduits au rang de spectateurs.

Majoritairement unionistes, ils ont suivi avec fascination et inquiétude le débat sur l'avenir de l'Ecosse, qui a changé de statut une dizaine de fois en 1 400 ans d'histoire mouvementée.

Son attachement à ses voisins du sud remonte à l'acte d'Union de 1707.

Des centaines de personnes ont passé la nuit devant le Parlement régional d'Holyrood, majoritairement tenants du oui, et les pubs sont exceptionnellement restés ouverts jusqu'à une heure avancée.

L'intérêt a également été vif dans le monde. Le président américain Barack Obama a formulé jeudi soir sur Twitter des voeux pour le maintien d'un Royaume-Uni "fort, robuste, et uni". Le président français François Hollande a mis en garde contre les "égoïsmes", les "populismes" et les "séparatismes".

L'apparition de drapeaux catalan, corse, basque, breton, sarde dans la campagne a nourri les craintes d'une contagion nationaliste chez les dirigeants européens à Bruxelles.

Le décompte en Écosse

Le référendum écossais vu par la presse


Passage à Édimbourg

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