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Le Royaume-Uni assuré d'une décentralisation accrue après le référendum écossais (VIDÉO)

19/09/2014 05:47 EDT | Actualisé 19/09/2014 06:35 EDT

L'Ecosse, qui a rejeté l'indépendance, attend désormais de nouveaux pouvoirs promis par Londres, un renforcement de l'émancipation régionale confirmé vendredi matin par David Cameron qui a annoncé des mesures similaires pour l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Irlande du nord.

Le premier ministre écossais Alex Salmond, tout en reconnaissant la défaite de son camp, s'est empressé de rappeler les engagements communs pris par David Cameron, ses alliés libéraux-démocrates et l'opposition travailliste.

"Les partis unionistes se sont engagés en fin de campagne à donner plus de pouvoirs à l'Ecosse, et l'Ecosse attend que ces engagements soient remplis rapidement", a-t-il martelé.

Un message entendu par David Cameron: "Pour ceux en Ecosse qui sont sceptiques quant aux promesses constitutionnelles faites, laissez-moi vous dire ceci: nous avons déjà transféré des pouvoirs sous ce gouvernement et nous allons le faire à nouveau lors de la prochaine législature", a-t-il dit vendredi matin lors d'une allocution au 10 Downing Street.

"Les trois partis unionistes ont pris des engagements sur des pouvoirs supplémentaires pour le parlement écossais. Nous allons nous assurer qu'ils vont être honorés", a-t-il répété.

Baptisé "devo max", ce transfert maximum de pouvoirs au parlement régional d'Edimbourg porte notamment sur la collecte des impôts, leur utilisation et sur le système de protection sociale. Il est d'ores et déjà envié par les autres nations constitutives du Royaume-Uni qui réclament des mesures équivalentes.

La chef du parti indépendantiste gallois Plaid Cymru, Leanne Wood, a twitté vendredi: "Toute offre faite à l'Ecosse doit également être offerte au Pays de Galles. C'est le minimum auquel nous devons nous attendre".

Pour calmer la grogne, David Cameron a déclaré.

"Au moment où les Ecossais vont avoir davantage de pouvoirs sur la gestion de leurs affaires, ceci va également s'étendre aux habitants d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord qui doivent avoir aussi davantage leur mot à dire sur les leurs", a-t-il dit.

- Changement global de gouvernance -

La série de concessions sera loin d'être aisée à mettre en place, a fortiori en respectant le calendrier annoncé.

"L'Ecosse a presque tout à gagner (de ce résultat) sauf l'indépendance entière. Cela va être le début de négociations importantes. On lui a fait beaucoup de promesses, cela se fera mais dans un contexte difficile parce que, en face, des députés anglais et gallois ne sont pas contents de ces promesses", a fait valoir, peu après les résultats, Emily Saint Denny, professeur de politique publique à l'université écossaise de Stirling.

Un document de travail qui détaillera les nouveaux pouvoirs écossais -ainsi que ceux des trois autres nations- est attendu en novembre avant des projets de lois qui pourraient être présentés au parlement d'ici la fin janvier, selon les engagements pris par Londres.

Un délai de 150 jours jugé "particulièrement court pour des lois constitutionnelles complexes qui devront être étudiées par les deux chambres du parlement" de Westminster, a estimé dans son blog Nick Butler, professeur au King's College de Londres et ancien vice-président de BP.

Pour autant, certains experts estiment que faire passer ces réformes dans l'urgence ne serait pas judicieux.

"Se précipiter tête baissée dans de nouvelles lois pourrait être bien accueilli à court terme mais il est peu probable que cela fournisse une solution durable", a ainsi écrit Nicola McEwen, professeure de l'université d'Edimbourg dans son blog.

Elle a dit à l'AFP que le parti national écossais (SNP) voudra vraisemblablement faire ses propres propositions sur le transfert de pouvoir et qu'elles "seront bien éloignées de ce qui est actuellement sur la table". Une hypothèse qui s'applique également aux autres régions du Royaume-Uni, avec lesquelles tout est à négocier.

"Est-ce que 'devo max' est la solution pour l'Ecosse ou le prochain problème?", se demandait Nick Butler dimanche.

Le décompte en Écosse

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