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John Baird appelle le monde à se mobiliser contre la menace de l'État islamique

19/09/2014 04:23 EDT | Actualisé 19/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - Dans une allocution visant à appuyer les demandes du Conseil de sécurité de l'ONU pour un soutien international accru, vendredi, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a comparé la lutte contre les djihadistes en Irak et en Syrie aux combats historiques contre le communisme et le fascisme.

M. Baird a livré son message après avoir été invité par le secrétaire d'État américain John Kerry à prendre la parole lors d'une rencontre ministérielle spéciale de l'organe le plus important des Nations unies.

Le ministre canadien se trouvait à New York en vue de la session du Conseil de sécurité, qui a reçu le mandat de rassembler des appuis pour le gouvernement irakien, aux prises avec l'État islamique (ÉI) qui a pris le contrôle de certaines régions de l'Irak et de la Syrie.

«Ces terroristes parlent ouvertement de leur volonté d'établir un califat qui s'étendrait de l'Inde jusqu'au sud de l'Espagne, a affirmé M. Baird.

«Pour leur faire face, nous devons faire appel aux forces qui ont forgé l'histoire de l'humanité... des principes qui ont résisté à l'épreuve du fascisme, du communisme et maintenant du terrorisme.»

M. Baird s'est rendu en Irak, plus tôt en septembre, pour y rencontrer des leaders du gouvernement central à Bagdad, avant de prendre la route du Kurdistan, dans le nord du pays.

M. Baird, le néo-démocrate Paul Dewar et le libéral Marc Garneau, tous deux porte-parole de l'opposition en matière d'affaires étrangères, ont visité un abri de combattants kurdes — les Peshmerga — situé à environ un kilomètre d'un village occupé par quelque 150 combattants de l'ÉI.

Le ministre des Affaires étrangères a accueilli favorablement le leadership militaire des États-Unis en Irak, mais quelques heures avant qu'il ne prenne la parole, la France est devenue le premier pays à se joindre aux troupes américaines, qui ont mené 176 frappes aériennes en Irak depuis le 8 août.

Les quatre bombes à guidage laser que des Rafale français ont larguées sur un entrepôt d'armes et de carburant de l'ÉI, vendredi, ont lancé un nouveau chapitre de la collaboration militaire franco-américaine. La France avait été l'un des principaux détracteurs de l'invasion américaine de l'Irak en 2003.

Le Canada a envoyé 69 conseillers des forces spéciales pour appuyer les forces irakiennes, en plus de fournir deux avions de transport militaire pour livrer des armes et des munitions aux forces kurdes.

M. Baird n'a donné aucune autre information sur la contribution des forces militaires canadiennes en Irak — une contribution qui sera strictement sans combat, assure le gouvernement —, mais il a rappelé au Conseil de sécurité que le Canada a consacré des millions de dollars afin de stopper le flot de combattants étrangers, et réduire la souffrance des Irakiens qui ont dû être déplacés ailleurs dans le pays.

Il a aussi profité de l'occasion pour mettre en valeur l'une de ses priorités en matière de politique étrangère: la défense des droits des minorités religieuses persécutées.

M. Baird a visité trois camps pour personnes déplacées dans le nord de l'Irak, et a relaté l'histoire d'une famille chrétienne qui a eu cinq minutes pour fuir sa maison après que des voisins l'eurent dénoncée à des combattants de l'ÉI.

«Ce rejet de la liberté de religion, cette rupture de liens de longue date et d'une histoire commune — ce n'est pas de l'humanité, a-t-il affirmé. C'est la loi de la jungle.

«L'ÉI constitue davantage une armée de terroristes qu'une cellule isolée d'extrémistes selon l'image traditionnelle que nous en avons. C'est un mélange toxique d'idéologie médiévale et d'armement moderne.»

Les militants de l'ÉI ne cachent pas leurs actes ignobles, ils s'en délectent et ils utilisent Internet pour tenter de leur donner un impact disproportionné, a également déclaré M. Baird.

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