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Ebola: la Sierra Leone lance une vaste campagne de dépistage et prévention

19/09/2014 06:59 EDT | Actualisé 19/11/2014 05:12 EST

FREETOWN, Sierra Leone - Des milliers de travailleurs de la santé ont commencé vendredi à passer de maison en maison en Sierra Leone, à la recherche de nouvelles victimes du virus d'Ebola.

Tous les résidants de ce pays d'Afrique de l'Ouest sont confinés chez eux pour trois jours, dans le cadre d'un effort sans précédent pour combattre la maladie.

Les responsables espèrent retrouver des personnes infectées qui refusent de se rendre dans les centres médicaux, qui sont souvent vus comme des endroits mortels. Des experts internationaux, et notamment ceux de Médecins sans frontières, ont prévenu que cette stratégie pourrait causer de nouveaux problèmes, surtout si on manque de lits pour accueillir les nouveaux patients.

L'Unicef estime de son côté que la campagne permettra d'expliquer à la population comment se protéger.

«Si les gens n'ont pas accès à la bonne information, nous devons nous rendre jusqu'à eux, où ils vivent, à leur porte, pour leur expliquer comment sauver leurs propres vies», a dit le représentant de l'agence onusienne en Sierra Leone, Roeland Monasch.

L'Unicef a ajouté, par voie de communiqué, que cette opération doit être menée d'une manière «sensible et respectueuse».

Le président sierra léonais Ernest Bai Koroma a expliqué, lors d'un discours tard jeudi, que les travailleurs distribueront du savon et que chaque maison visitée sera identifiée avec un autocollant. Il a demandé aux habitants du pays se respecter les consignes.

«La survie et la dignité de tous les Sierra Léonais est en jeu; tout ce que nous avons travaillé pour accomplir est en jeu; c'est un combat pour chacun d'entre nous; c'est un combat pour une terre que nous aimons», a-t-il lancé.

Par ailleurs, huit personnes qui participaient à une campagne de prévention de l'Ebola ont été retrouvées mortes après avoir été enlevées par des résidants en colère, a révélé vendredi le gouvernement de la Guinée.

Un communiqué gouvernemental révèle que huit corps ont été retrouvés après l'enlèvement brutal à Womey, dans le sud du pays.

«Le gouvernement condamne fortement les meurtres de ces citoyens guinéens, peut-on lire dans le communiqué publié par la présidence. Ces crimes sont particulièrement regrettables à un moment où la communauté internationale se mobilise pour aider les pays touchés à lutter contre le virus d'Ebola.»

Les victimes de l'attaque de mardi incluent l'administrateur adjoint de Womey et le directeur du centre de santé de la région. Deux autres dirigeants sanitaires de la ville voisine de N'Zerekore ont aussi été tués, tout comme un pasteur et trois journalistes de la radio qui couvraient la campagne. Le fils de l'administrateur adjoint a survécu après s'être enfui.

Plusieurs habitants des régions rurales réagissent avec peur et panique aux étrangers venus mener chez eux des campagnes de prévention. Certaines cliniques médicales ont même été attaquées.

En France, une infirmière de Médecins sans frontières infectée par l'Ebola est arrivée vendredi à l'hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé, près de Paris. La femme recevra un traitement expérimental qui n'a pas été précisé, mais la France autorise le recours au ZMapp, au favipiravir et au TKM-100-802 produit par la pharmaceutique canadienne Tekmira.

Les autorités maltaises ont refusé jeudi d'accueillir un navire de charge ayant à son bord un marin philippin qui pourrait avoir été infecté par l'Ebola en Guinée, par crainte que le virus ne se propage sur l'île. Le capitaine avait demandé la permission d'accoster afin d'obtenir une aide médicale pour le marin. Son navire a plutôt été escorté hors des eaux maltaises par la garde-côtière. L'état de santé réel du marin malade n'est pas connu.

Enfin, l'ambassade américaine au Libéria a annoncé l'arrivée d'une première cargaison d'aide militaire pour combattre l'épidémie de virus d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

Un appareil militaire C-17 est arrivé jeudi, avec à son bord sept militaires et une quantité d'équipement. D'autres biens et travailleurs sont attendus au cours des prochains jours.

Le président américain Barack Obama a annoncé mardi l'envoi de 3000 soldats pour combattre une épidémie qui a déjà fait plus de 2600 morts. Plus de la moitié des décès sont survenus au Libéria.

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