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Des milliers de Kurdes syriens fuyant l'État islamique se réfugient en Turquie

19/09/2014 04:57 EDT | Actualisé 19/11/2014 05:12 EST

BEYROUTH - Plusieurs milliers de Syriens, en majorité des Kurdes, sont entrés vendredi en Turquie pour échapper aux extrémistes de l'État islamique (ÉI), a fait savoir un responsable turc.

Ces réfugiés tentent d'échapper à une offensive du groupe obscurantiste visant à prendre le contrôle de Kobani, une région sous contrôle kurde située près de la frontière turque. Appuyés par des chars et de l'artillerie, les combattants de l'ÉI ont déjà capturé plus de 20 villages dans cette zone en seulement 48 heures, provoquant un exode de civils vers la frontière.

Quelque 3000 personnes ont ainsi passé la frontière vendredi. Plusieurs d'entre eux attendaient depuis 24 heures parce que le gouvernement turc, qui a déjà donné refuge à près de 850 000 réfugiés syriens, avait refusé de les laisser passer jeudi.

Vendredi, cependant, la Turquie a changé son fusil d'épaule et ouvert ses frontières après des informations faisant état de l'avancée des extrémistes, a indiqué Izzettin Kucuk, gouverneur de la province turque de Sanliurfa.

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a quant à lui affirmé que la priorité de la Turquie était d'aider les gens dans le besoin du côté syrien de la frontière, mais que si cela n'était pas possible, de l'aide serait alors fournie en territoire turc.

Plus tôt vendredi, un groupe de Kurdes turcs a organisé une manifestation à la frontière, réclamant que les Kurdes fuyant Kobani puissent entrer en Turquie. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

La bataille pour Kobani s'inscrit dans un affrontement de longue date entre les obscurantistes de l'État islamique et les Kurdes syriens qui fait rage dans plusieurs régions du nord de la Syrie, où la population est majoritairement kurde. Ces affrontements ne sont qu'un aspect de la guerre civile syrienne, un conflit multifacettes qui, selon l'ONU, a fait plus de 190 000 morts.

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