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Îles Fidji: le militaire Voreqe Bainimarama semble filer vers la victoire

18/09/2014 07:40 EDT | Actualisé 18/11/2014 05:12 EST

SUVA, Fidji - Les observateurs internationaux estiment que l'élection organisée mercredi aux Îles Fidji est crédible, même si la majorité des petits partis politiques de l'archipel ont prévenu qu'ils n'accepteront pas ce qui semble être une victoire éclatante du militaire qui dirige le pays depuis huit ans.

Le feu vert des observateurs internationaux pourrait maintenant mener à l'abandon des sanctions qui pèsent sur Fidji. Le pays pourrait notamment reprendre sa place au sein du Commonwealth, dès ce mois-ci.

Cinq des sept partis qui participaient au vote de mercredi ont demandé aux autorités de suspendre le dépouillement pendant qu'on faisait enquête sur leurs plaintes, mais le Superviseur des élections, Mohammed Saneem, a indiqué jeudi avoir rejeté leur requête.

Cette élection est la première organisée depuis que l'homme fort militaire Voreqe Bainimarama s'est emparé du pouvoir en 2006. Avec trois-cinquièmes des bureaux de vote dépouillés, le parti de M. Bainimarama récoltait 60 pour cent des voix, tandis que son plus proche rival, le Parti Sodelpa, obtenait 27 pour cent.

Les leaders de Sodelpa et de quatre autres partis ont indiqué aux journalistes que de multiples boîtes de scrutin semblaient avoir été trafiquées. Ils affirment que certaines boîtes ont été emmenées sans avoir été dépouillées et que d'autres avaient été remplies d'enveloppes.

Les observateurs internationaux n'ont toutefois rapporté ni malversation, ni intimidation. La centaine d'observateurs était codirigée par une délégation provenant de l'Australie, de l'Inde et de l'Indonésie.

Les observateurs ont indiqué, dans un communiqué préliminaire, que les électeurs fidjiens ont participé avec enthousiasme au processus démocratique. Ils ont toutefois noté certains problèmes avec l'inscription des électeurs et les restrictions imposées à la couverture médiatique.

M. Bainimarama a rendu l'éducation gratuite et a dépensé des dizaines de millions de dollars pour améliorer les routes, notamment grâce à des prêts consentis par la Chine. L'économie fidjienne affiche une croissance de 4,6 pour cent cette année. M. Bainimarama a aussi adopté plusieurs mesures qui ont atténué les frictions ethniques qui ont mené à quatre coups d'État depuis 1987.

Des groupes de défense des droits de la personne l'accusent d'avoir torturé des prisonniers, écrasé la dissidence et soigneusement cultivé son image en contrôlant les médias. Il aurait aussi modifié la Constitution pour s'assurer que les auteurs du coup d'État et lui-même ne seront jamais inquiétés par la justice.

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