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L'Australie a déjoué un complot terroriste sur son territoire

18/09/2014 08:36 EDT | Actualisé 18/11/2014 05:12 EST

SYDNEY - La police australienne a annoncé jeudi avoir éventé un complot de décapitation ourdi par des militants du groupe extrémiste de l'État islamique.

Quinze suspects ont été arrêtés lors d'une douzaine de perquisitions menées à Sydney, mais neuf personnes ont rapidement été relâchées.

Quelque 800 membres des forces de l'ordre ont participé à cette opération, la plus vaste de l'histoire du pays, après qu'un leader de l'État islamique au Moyen-Orient eut apparemment demandé à ses partisans australiens de tuer une personne, a dit le premier ministre Tony Abbott.

M. Abott a confirmé que les suspects avaient prévu enlever et décapiter une personne choisie au hasard, à Sydney.

«Ce sont les renseignements que nous avons reçus, a dit le premier ministre. Les exhortations — des exhortations très directes — provenaient d'un Australien qui serait un membre important de l'État islamique, et qui demandait à (ses militants), ici en Australie, de commettre des meurtres.»

L'État islamique, une faction dissidente d'Al-Qaïda, s'est emparé de vastes territoires en Irak et en Syrie au cours des derniers mois.

«Ce ne sont pas seulement des soupçons, nous avons une intention et c'est pourquoi la police et les agences de sécurité ont décidé d'intervenir de cette manière», a dit M. Abbott.

Neuf personnes arrêtées ont été relâchées. La police de la Nouvelle-Galles du Sud n'a pas indiqué pourquoi, ni si elles feront éventuellement face à des accusations.

Cette opération a été réalisée quelques jours seulement après que l'Australie eut relevé son alerte terroriste pour la porter au deuxième degré le plus élevé en réaction à la menace intérieure posée par des militants de l'État islamique.

Jeudi, le procureur général d'Australie, George Brandis, a confirmé qu'un individu né en Australie, qui a séjourné en Afghanistan et qui s'est maintenant rallié à l'État islamique, avait demandé à ses partisans en Australie de décapiter des gens et de filmer le crime.

«Si la (...) police n'était pas intervenue aujourd'hui, il est probable que ça se serait produit», a dit M. Brandis.

MM. Abott et Brandis n'ont pas identifié cet Australien. Mais Mohammed Ali Baryalei, qui serait le plus haut gradé australien de l'État islamique, est identifié comme coconspirateur dans des documents judiciaires déposés jeudi. L'homme de 33 ans fait l'objet d'un mandat d'arrestation émis par la police.

Un homme de 22 ans, Omarjan Azari, a brièvement comparu devant la justice jeudi. Il est soupçonné d'avoir comploté pour préparer une attaque terroriste, notamment en collaborant avec Baryalei et d'autres individus. Des dizaines de policiers ont fouillé la résidence d'Azari jeudi.

Un autre homme de 24 ans, qui n'a pas été identifié, a été accusé jeudi de possession illégale de munitions et d'armes à feu. Il a ensuite été remis en liberté sous caution et sera de retour en cour la semaine prochaine.

La police a refusé de fournir plus de détails concernant le complot. Le commissaire de la police de la Nouvelle-Galles du Sud, Andrew Scipione, a simplement indiqué que le complot visait un membre du public dans la rue et qu'il se situait à «un niveau très élevé».

«Actuellement, nous avons besoin de calme, a-t-il dit. Le public doit savoir qu'il est en sécurité, et certainement de notre point de vue, nous savons que l'opération de ce matin garantit que les projets qui se préparaient ont avorté.»

D'autres rafles ont par ailleurs été réalisées à Brisbane et à Logan. La semaine dernière, la police australienne avait arrêté deux hommes à Brisbane qui auraient été sur le point d'aller combattre en Syrie, en plus d'avoir recruté des djihadistes et récolté des fonds pour le Front Nosra, un groupe ayant déjà prêté allégeance au réseau Al-Qaïda.

Le commissaire adjoint de la police fédérale australienne, Andrew Colvin, a indiqué que les perquisitions de Brisbane et de Logan étaient liées à cette opération.

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