POLITIQUE

Écosse : les bureaux de vote sont maintenant fermés

18/09/2014 05:55 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:56 EDT
PA

Les 2600 bureaux de vote sont maintenant fermés en Écosse où les quelque 4,3 millions d'électeurs étaient appelés à se prononcer par référendum sur l'indépendance de ce territoire, au terme d'une campagne qui s'est achevée sur une très courte avance des partisans du non dans les enquêtes d'opinion.

Les bureaux de vote étaient ouverts jusqu'à 22 h (17 h HAE). Le résultat du scrutin devrait être connu vendredi.

Les ténors des deux camps, le premier ministre écossais Alex Salmond et l'ancien premier ministre britannique Gordon Brown, ont voté tôt en journée.

« C'est la chance de toute une vie [...] à saisir des deux mains », a dit Alex Salmond, à l'Agence France-Presse. Gordon Brown a quant à lui rappelé que l'indépendance était un « piège ».

Les Écossais devaient répondre à la question suivante :

« L'Écosse doit-elle être un pays indépendant? »

— La question référendaire écossaise

À Édimbourg, Charlotte Farish, 34 ans, est arrivée dix minutes avant l'ouverture de son bureau de vote, en compagnie de ses deux enfants en route pour l'école. « C'est un jour important. La décision que nous allons prendre nous engagera pour la vie », a-t-elle déclaré à l'AFP.

« C'est un jour historique pour l'Écosse. J'ai attendu ce moment toute ma vie. Il est temps de se séparer de l'Angleterre. Oui à l'indépendance », a affirmé à l'agence Reuters Ron, un homme d'affaires, qui a voté tôt en début de journée, toujours dans la capitale. Alors qu'il s'exprimait, un couple pressé de se rendre au travail a lancé « Votez non ! ».

Susan Jones, originaire de Dumferline au nord d'Édimbourg, affirme que toute l'expérience référendaire est plutôt « traumatisante ». « Moi et mon mari sommes nés en Angleterre, mais ça fait 42 ans que nous vivons en Écosse. Nous sommes Britanniques et avons toujours été fiers de l'être. [L'idée d'indépendance] n'a pas été bien considérée. Je suis terrifiée quand je pense à ce qui pourrait arriver. Il s'agit de la vie des gens, de celle de leurs enfants et petits-enfants. J'espère que les gens sauront y voir clair », a-t-elle dit au Scotsman.

Jeunes et vieux aux urnes

Il s'agit du premier scrutin en Écosse où les citoyens de 16 et 17 ans peuvent voter. Ils étaient d'ailleurs nombreux à se rendre aux bureaux de scrutin aujourd'hui.

« C'est une bonne chose que les jeunes aient le droit de vote. C'est tellement important. Il ne s'agit pas juste d'aujourd'hui. Ça concerne l'avenir de notre pays et c'est bien que les jeunes comme les plus vieux aient leur mot à dire », a affirmé au Guardian Jamie Storey, 17 ans, de Dundee, qui votait pour la première fois.

Une électrice rencontrée à Édimbourg par l'équipe de Radio-Canada affirme que peu importe le résultat, l'Écosse va changer, il y aura du nouveau et l'Écosse aura plus de pouvoirs.

Un autre électeur affirmait que cette campagne a été très longue mais qu'elle s'est déroulée de façon pacifique. Elle sera un exemple pour le reste du monde.

Le vote s'est déroulé de façon ordonnée sur tout le territoire. On rapporte toutefois quelques escarmouches entre partisans du oui et du non. À Glasgow, une femme de 67 ans a été arrêtée pour agression dans un bureau de vote.

Un scrutin suivi à l'international

Le référendum est suivi de près par les pays européens inquiets d'une éventuelle victoire du oui.

Les partisans de l'indépendance de certaines régions européennes surveillent aussi la situation de près. Notre envoyé spécial, Raymond Saint-Pierre, a vu défiler dans le coeur d'Édimbourg des Basques, des Catalans, des Italiens du Nord, des Sardes et des Corses qui ont fait le voyage pour faire valoir leur cause respective.

Le référendum est suivi avec attention aux États-Unis en raison des importantes conséquences économiques qu'il pourrait avoir, a déclaré le secrétaire américain au Trésor à la veille du scrutin. L'Union européenne a aussi mis en garde l'Écosse. En entrevue avec la BBC, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré qu'une Écosse indépendante ne deviendrait pas automatiquement membre de l'Union européenne, même si le Royaume-Uni en fait déjà partie, et qu'elle devrait faire une demande d'adhésion.

Par ailleurs, le camp de l'indépendance a reçu un puissant soutien de dernière minute de la part de la vedette du tennis britannique Andy Murray qui a twitté : « Faisons-le ». Un commentaire qui a enflammé les réseaux sociaux.

Pour beaucoup d'Écossais, il s'agit d'un choix entre « le coeur et la tête », entre l'émotion et l'incertitude face au saut dans l'inconnu que représenterait un État indépendant, avec ses propres institutions, mais qui conserverait toutefois la livre sterling comme monnaie.

Les derniers sondages donnent le non vainqueur à 52 % ou 53 %. Le suspense est d'autant plus grand sur l'issue de cette consultation référendaire qu'environ 600 000 électeurs affirmaient être indécis seulement quelques heures avant de se rendre dans l'isoloir.

Les camps du oui et du non ont fourni un dernier effort mercredi pour convaincre les électeurs de l'importance de faire le bon choix. Un oui mettrait fin à trois siècles d'union avec l'Angleterre.

Pour pouvoir voter au référendum, il faut résider en Écosse, avoir au moins 16 ans, être ressortissant britannique, du Commonwealth ou de l'Union européenne. Les Écossais qui résident à l'extérieur du territoire ne peuvent pas voter.

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Écosse: un référendum sur l'indépendance