POLITIQUE

6 questions pour mieux comprendre le référendum en Écosse

18/09/2014 12:16 EDT | Actualisé 18/11/2014 05:12 EST
ASSOCIATED PRESS
Yes campaign and No campaign posters stand outside a polling place in Edinburgh, Scotland, Thursday, Sept. 18, 2014. Polls have opened across Scotland in a referendum that will decide whether the country leaves its 307-year-old union with England and becomes an independent state. (AP Photo/Matt Dunham)

GLASGOW, Royaume-Uni - Les Écossais sont appelés aux urnes jeudi pour un référendum historique sur l'avenir de leur région. Voici six questions pour mieux comprendre les causes et surtout les conséquences du résultat.

1. Pourquoi les Écossais veulent-ils se séparer du Royaume-Uni?

Depuis 1999, les Écossais disposent d'un Parlement, où ils peuvent voter des lois notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'habitation et du tourisme. Or, c'est encore le gouvernement central, à Londres, qui contrôle l'immigration, la défense, la politique extérieure et l'énergie, en plus de toute la question épineuse des finances publiques. Les Écossais déplorent donc qu'ils aient toujours à demander au gouvernement britannique pour adopter des politiques sociales. D'autres dénoncent le fait que le gouvernement britannique ait une vision différente d'eux sur la politique extérieure, notamment sur l'Union européenne. Le gouvernement britannique tiendra un référendum sur son appartenance à l'Union européenne prochainement. Cette annonce a été vivement dénoncée par les Écossais, qui profitent beaucoup de cette adhésion.

2. Quelles seront les procédures au lendemain d'un «Oui»?

Si une majorité d'Écossais optent pour le «Oui», un processus de négiociation de 18 mois entre le Royaume-Uni et l'Écosse se déclenchera. Le jour d'indépendance de l'Écosse a été fixé au 24 mars 2016. Les pourparlers s'annoncent particulièrement ardus sur la devise et la dette. Ces échanges seront cruciaux pour les quelque cinq millions d'Écossais, mais aussi pour tout le Royaume-Uni et pour les autres pays membres des accords internationaux.

3. Une Écosse indépendante pourra-t-elle adopter la livre sterling britannique?

Le gouvernement écossais voudrait garder la livre sterling, même en étant un pays indépendant. Or, les dirigeants du camp du «Non» ont déclaré qu'il n'y aurait pas d'union monétaire si les Écossais choisissaient de se séparer. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a lui-même indiqué qu'«une union monétaire n'était pas compatible avec la souveraineté». Le premier ministre écossais Alex Salmond croit toutefois que les partisans du «Non» exagèrent, puisqu'un accord sur la monnaie est souhaitable pour tous, selon lui.

4. L'Écosse sans le Royaume-Uni serait-elle viable économiquement?

Le gouvernement écossais estime qu'il contribue environ 24,4 millions de livres à l'économie britannique. Il évalue aussi que les exportations écossaises rapportent environ 100 milliards de livres au Trésor britannique. Mais les indépendantistes misent surtout sur l'exploitation du pétrole dans la mer du Nord, qui pourrait rapporter des revenus de presque 1,3 mille milliards de livres. Le Royaume-Uni produit plus de 75 pour cent du pétrole de l'Union européenne, dont 90 pour cent provient d'eaux écossaises, selon le Centre commun de recherche de la Commission européenne. Toutefois, selon une étude du National Institute of Economic and Social Research, les partisans du «Oui» ne prennent pas en compte les paiements de transfert valant plus de 7,1 milliards de livres qu'ils reçoivent chaque année. De plus, la production de pétrole pourrait ralentir dans les prochaines années, ce qui amènerait significativement moins de revenus au gouvernement écossais, avance la même étude. La dette écossaise, qui vaudrait 1,3 mille milliards de dollars, pourrait aussi peser lourd dans la balance.

5. L'Écosse signera-t-elle tous les traités auxquels les Britanniques avaient adhéré?

Le premier ministre Salmond a indiqué que l'Écosse voulait rester dans l'Organisation des Nations unies (ONU), dans l'Union européenne (UE) et dans l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Or, il n'est pas dit que toutes ces organisations accepteront d'inclure une Écosse indépendante. L'Espagne pourrait être réticente à accepter une candidature de l'Écosse dans l'UE étant donné qu'elle a elle-même des groupes sécessionnistes très insistants en son sein. Qui plus est, l'OTAN a vu d'un mauvais oeil la promesse du gouvernement écossais, qui voudrait se départir de ses armes nucléaires. Selon Mark Stanhope, ancien directeur de la Marine royale, ce processus long, pouvant se prolonger jusqu'à 2028, pourrait déstabiliser le monde dans une période qui est déjà tendue.

6. Et si le «Non» l'emportait?

Lorsque l'écart entre les deux options s'est rétréci dans les sondages, le clan du «Non» y est allé de plusieurs promesses. Les dirigeants ont garanti aux Écossais que le Parlement régional aurait des pouvoirs plus étendus au lendemain d'un «Non». Le gouvernement central a promis de partager les ressources plus équitablement avec le Parlement écossais, en plus de lui déléguer la responsabilité du financement de son système de santé.

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Le référendum écossais vu par la presse